Le Parlement européen a demandé aux États membres de l’Union européenne et au Conseil de sécurité des Nations unies d’ouvrir « une enquête formelle sur le Nicaragua et Daniel Ortega pour crimes contre l’humanité » par l’intermédiaire de la Cour pénale internationale, jeudi 9 juin, dans une résolution adoptée à une forte majorité (525 voix pour, 15 contre, 29 abstentions).
Les eurodéputés réclament des comptes au régime nicaraguayen, en particulier à ses juges, pour la répression dans le pays et les procédures judiciaires engagées contre des personnalités de l’opposition politique et d’autres voix critiques. Ils nomment quatorze juges qui, selon eux, devraient être ajoutés à la liste des personnes faisant l'objet de sanctions de l'UE (EUROPE 12865/2).
Au nom de la Commission européenne, le vice-président, Valdis Dombrovskis, avait estimé la veille, lors du débat en plénière, que la justice au Nicaragua était « tournée en dérision et utilisée pour légitimer la répression ». « Les procès de prisonniers politiques tenus à huis clos et dépourvus de toute trace de procédure régulière ont donné lieu à au moins 44 condamnations sévères et disproportionnées depuis le 15 mars », avait-il condamné.
Le PE renouvelle aussi son appel à l’extradition vers l'Italie d’Alessio Casimirri, terroriste italien vivant à Managua sous la protection du gouvernement nicaraguayen et ayant participé à l’assassinat de l’ancien président du Conseil italien Aldo Moro.
Voir la résolution du PE adoptée sans les voix du groupe La Gauche : https://aeur.eu/f/21h (Mathieu Bion)