La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a remis en question le fonctionnement actuel du marché de gros de l’électricité de l’Union européenne, mercredi 8 juin, lors d’un débat avec les eurodéputés à Strasbourg.
« Ce système de marché ne fonctionne plus. Nous devons le réformer. Nous devons l’adapter aux nouvelles réalités des énergies renouvelables dominantes », a-t-elle ainsi répondu à des interventions de plusieurs parlementaires sur la hausse des prix de l’énergie.
À ses yeux, le problème du marché de gros de l’électricité réside dans le fait que c’est désormais le gaz qui définit le prix pour l’ensemble des producteurs d’électricité (quelle que soit la source d’énergie utilisée) en raison de la forte baisse du coût des énergies renouvelables ces dernières années.
Le marché repose en effet sur un système de tarification marginale, également connu sous le nom de marché ‘pay-as-clear’, selon lequel tous les producteurs d’électricité obtiennent le prix du producteur utilisant la source d’énergie la plus chère.
Les propos de la présidente contrastent quelque peu avec les conclusions de l’Agence européenne de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER).
Dans une évaluation publiée à la demande de la Commission, vendredi 29 avril, l’ACER indique que « la conception actuelle du marché mérite d’être conservée » et « n’est pas à blâmer pour la crise actuelle (de l’énergie) » (EUROPE 12942/8).
Le rapport ajoute néanmoins que « certaines améliorations à plus long terme sont susceptibles de s’avérer essentielles » au regard de la « décarbonation ». (Damien Genicot)