Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le vice-président exécutif de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, ont qualifié d’« extrêmement préoccupante », vendredi 10 juin, la décision de l'Algérie de suspendre le traité d'amitié et de bon voisinage signé avec l'Espagne en 2002.
Alger reproche à Madrid sa prise de position d'alignement avec le Maroc en ce qui concerne le Sahara occidental.
« Nous sommes en train d'évaluer les implications des actions algériennes, y compris l'instruction donnée aux institutions financières d'arrêter les transactions entre les deux pays, qui semblent d'emblée constituer une violation de l'accord d'association UE-Algérie, en particulier dans le domaine du commerce et des investissements », ont précisé le Haut Représentant et le vice-président exécutif dans un communiqué commun. Cela pourrait avoir un impact sur la livraison du gaz algérien à l’Espagne.
MM. Borrell et Dombrovskis ont prévenu que la décision algérienne pourrait conduire à un traitement discriminatoire d'un État membre de l'UE et porterait atteinte à l'exercice des droits de l'Union en vertu de l'accord.
« L'UE est prête à s'opposer à tout type de mesures coercitives appliquées à un État membre de l'UE. Toutefois, l'UE continue de privilégier le dialogue en premier lieu pour résoudre les controverses », ont-ils souligné, précisant être en contact étroit avec le gouvernement espagnol et tendre la main aux autorités algériennes pour clarifier rapidement la situation. Vendredi, M. Dombrovskis a rencontré le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares Bueno, à Bruxelles, pour discuter de la situation.
MM. Borrell et Dombrovskis se sont dits convaincus qu’au nom du partenariat « solide et à long terme » de l’UE et l’Algérie, une solution rapide sera trouvée pour rétablir pleinement les relations commerciales et d'investissements. (Camille-Cerise Gessant)