La Commission européenne a adopté, mardi 7 juin, le projet de budget de l’UE pour 2023, qui prévoit 185,6 milliards d’euros en crédits d'engagement (1,14% du revenu national brut, ou RNB de l’UE), soit une hausse de 2,1% par rapport aux crédits d’engagement de 2022.
La marge totale qui en résulte sous le plafond 2023 pour les engagements dans le cadre financier pluriannuel (CFP) s'élève à 446,4 millions d'euros.
La Commission précise que 113,9 milliards d’euros sont prévus en plus au titre des subventions de Next Generation EU, ce qui fait un total de « 300 milliards d'euros », a résumé Johannes Hahn, le commissaire au Budget. Un tiers des dépenses sont pour le climat, a-t-il assuré.
Les crédits de paiement s'élèvent à 166,3 milliards d’euros, ce qui correspond à 1,02% du RNB. Cela représente une baisse de 2,6% par rapport aux crédits de paiement du budget 2022, en raison d'une « diminution des paiements sur les engagements restant à liquider pour les programmes de cohésion 2014-2020, après des montants élevés de paiements ces dernières années », explique le document de la Commission sur le projet de budget 2023.
La Commission fera, plus tard dans l’année, des propositions complémentaires pour financer l'impact de la guerre en Ukraine, sur la base d'une évaluation plus précise des besoins, conformément aux conclusions du Conseil européen du 31 mai 2022.
Johannes Hahn a déclaré qu’à l’automne, la Commission aura une meilleure évaluation des soutiens nécessaires en faveur de l’Ukraine en termes d’aide humanitaire ou de sécurité des approvisionnements (alimentaires).
Depuis le début de l'agression russe, l'UE a mobilisé environ 4,6 milliards d'euros pour soutenir la résilience économique, sociale et financière globale de l'Ukraine sous la forme d'une assistance macrofinancière, d'un soutien budgétaire, d'une assistance d'urgence, d'une réponse aux crises et d'une aide humanitaire. Ce montant comprend 1,2 milliard d'euros d'aide microfinancière d'urgence fournie depuis février 2022 ainsi que des mesures d'assistance militaire fournies dans le cadre de la Facilité européenne de soutien à la paix pour un montant de 2 milliards d'euros, qui serviront à rembourser les États membres pour leur soutien militaire en nature à l'Ukraine.
La révision du CFP se fera « avant 2024 », a promis M. Hahn, qui a évoqué aussi le problème de l'inflation.
Le projet de budget 2023 prévoit notamment :
103,5 milliards d'euros de subventions de Next Generation EU au titre de la 'Facilité pour la reprise et la résilience' pour soutenir la reprise économique après la pandémie de Covid-19 et pour relever les défis posés par la guerre en Ukraine ;
53,6 milliards d'euros pour la politique agricole commune ;
46,1 milliards d'euros pour le développement régional et la cohésion ;
14,3 milliards d'euros pour soutenir les partenaires de l’UE dans le monde, dont 12 milliards d'euros au titre de l'instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale (NDICI - Global Europe), 2,5 milliards d'euros pour l'instrument d'aide de préadhésion (IPA III) et 1,6 milliard d'euros pour l'aide humanitaire ;
13,6 milliards d'euros pour la recherche et l'innovation, dont 12,3 milliards pour Horizon Europe (+1,8 milliard d'euros de subventions supplémentaires dans le cadre de Next Generation EU) ;
4,8 milliards d'euros pour les investissements stratégiques européens, dont 341 millions d'euros pour InvestEU, 2,9 milliards d'euros pour le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe et 1,3 milliard d'euros pour le programme ‘Europe numérique’ ;
4,8 milliards d'euros pour les personnes, la cohésion sociale et les valeurs, dont 3,5 milliards d'euros pour Erasmus+ ;
2,3 milliards d'euros pour l'environnement et la lutte contre le changement climatique ;
2,2 milliards d'euros pour les dépenses consacrées à l'espace, principalement pour le programme spatial européen ;
2,1 milliards d'euros pour la protection des frontières, dont 1,1 milliard d'euros pour le Fonds pour la gestion intégrée des frontières (IBMF) et 839 millions d'euros (contribution totale de l'UE) pour l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) ;
1,6 milliard d'euros pour les dépenses liées aux migrations, dont 1,4 milliard d'euros pour l'aide aux migrants et aux demandeurs d'asile.
Lien vers le document : https://aeur.eu/f/1yr (Lionel Changeur)