Les ministres de l’Agriculture des pays de l’Union européenne débattront, mardi 24 mai, de la situation des marchés agricoles et de la sécurité alimentaire dans le contexte de la guerre en Ukraine déclenchée par la Russie.
Marc Fesneau, le nouveau ministre français de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire présidera ce Conseil, qui évoquera aussi, notamment, les négociations en vue de la 12e conférence ministérielle de l’OMC, centrées sur la sécurité alimentaire, ou encore la stratégie de vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène.
La Commission européenne sera représentée par la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, et le commissaire à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski.
Sécurité alimentaire. La Commission présentera ses initiatives sur la mise au point de voies de solidarité entre l’UE et l’Ukraine afin de surmonter le blocage des ports ukrainiens de la mer Noire par la Russie et de veiller à ce que l’Ukraine puisse exporter ses produits agricoles par voie terrestre pour atteindre les marchés de l’UE et du monde.
Les ministres feront le point également sur la situation des marchés agricoles, perturbés en raison des effets de la guerre. D'un document (https://aeur.eu/f/1ry ) recueillant les remarques préliminaires de plusieurs États membres, il ressort que les secteurs de l’élevage (porcin et laitier en particulier) et des fruits et légumes sont ceux qui souffrent le plus actuellement.
La Commission européenne a accepté une requête de plusieurs pays de l'UE en présentant, le 20 mai, une proposition de soutien financé par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) afin de permettre aux États membres de verser un montant forfaitaire unique aux agriculteurs et aux entreprises agroalimentaires touchés par des augmentations significatives des coûts des intrants (EUROPE 12957/12).
Influenza aviaire hautement pathogène. Les ministres devraient adopter des conclusions sur la vaccination en tant qu'outil complémentaire aux mesures actuelles de prévention et de contrôle de l'influenza aviaire hautement pathogène. Le texte plaide pour le lancement d’un plan européen de vaccination afin de compléter les mesures existantes de prévention et de contrôle. Il souligne toutefois que la vaccination peut constituer un obstacle aux exportations de volailles et appelle donc la Commission à engager un dialogue sur ces questions avec les partenaires commerciaux de l’UE.
L'épizootie actuelle est la plus grave jamais observée dans l'histoire récente en Europe. L'influenza aviaire peut également constituer un risque pour la santé publique dans la mesure où les virus de l'influenza aviaire sont potentiellement transmissibles à l'homme.
OMC. Les ministres recevront des informations sur la 12e conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se tiendra du 12 au 15 juin à Genève. Ils auront l'occasion de proposer des orientations politiques à la Commission en vue de la réunion ministérielle. Pour la Commission, l'objectif est d'éviter les restrictions à l’exportation de produits alimentaires, d'assurer le respect des règles de l’OMC et une meilleure transparence sur les stocks et d'exempter le Programme alimentaire mondial de toute restriction commerciale.
Multiples ‘points divers’. La Présidence française communiquera aux ministres des informations concernant un événement sur les plateformes d'épidémiosurveillance qui a eu lieu en mars.
La délégation chypriote plaidera en faveur d'un nouveau cadre législatif européen pour une liste positive de l'UE relative à la détention d'animaux de compagnie (https://aeur.eu/f/1rx ). Le commerce des animaux de compagnie exotiques est l'une des principales menaces pour la survie de nombreuses espèces. Plusieurs pays de l'UE ont adopté une liste positive d'un nombre limité d'espèces animales pouvant être détenues par des particuliers en tant qu'animaux de compagnie, mais des divergences subsistent entre les États membres. Une liste positive à l'échelle de l'UE augmenterait le niveau de protection en contribuant de manière significative à l'arrêt de la perte de biodiversité, à la sauvegarde du bien-être animal et à la protection de la santé et de la sécurité publiques.
L’Espagne défendra la mise en œuvre de systèmes de protection efficaces en matière de contrôles phytosanitaires des importations dans l'UE.
La délégation slovaque communiquera aux ministres des informations sur l'atelier intitulé ‘Dialogue sur l'avenir de la protection des sols dans l'UE et son potentiel pour contribuer à la réalisation des objectifs du Pacte vert pour l'Europe’, qui a eu lieu à Bruxelles le 27 avril.
L’Allemagne va demander une réduction de l’utilisation de la tourbe dans le secteur horticole, afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique (https://aeur.eu/f/1rw ).
La Belgique évoquera les conditions climatiques très défavorables auxquelles elle a été confrontée ce printemps (https://aeur.eu/f/1rv ).
La délégation roumaine partagera des informations sur les effets de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine sur la mise en œuvre des programmes nationaux de développement rural (https://aeur.eu/f/1ru ).
Le coût des matériaux de construction a considérablement augmenté, parallèlement au prix des combustibles, du gaz naturel et de l’électricité. Les coûts de la main-d’œuvre ainsi que les équipements et autres machines ont également augmenté. Dans ce contexte, de nombreux bénéficiaires du programme national de développement rural ne sont plus en mesure de poursuivre la mise en œuvre des projets en cours, étant donné que le budget approuvé pour 2014-2020 ne couvre plus les coûts supplémentaires élevés causés par la hausse substantielle des prix. (Lionel Changeur)