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Bulletin Quotidien Europe N° 12936
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Les élus de la commission des Libertés civiles du PE saisis des difficultés de Chypre à gérer les flux de migrants

Le secrétaire permanent du ministère chypriote de l’Intérieur, Costas Constantinou, a fait part, jeudi 21 avril, en commission des Libertés civiles du Parlement européen, des difficultés rencontrées pour gérer l’augmentation des flux migratoires en partie liée aux arrivées depuis la partie nord de l'île.

Les migrants arrivés à Chypre représentent « 5% de sa population totale » et la guerre en Ukraine, avec des arrivées de réfugiés ukrainiens, a accentué la pression. Depuis 2015, l'île a reçu 51 200 demandes d’asile dont 13 200 en 2021, a expliqué le Chypriote. La situation s’est aggravée en 2022, avec 5 500 demandes supplémentaires déposées entre janvier et mars « contre 1 600 sur la même période en 2021 ».

Le Chypriote a aussi indiqué que près de 22 000 demandes étaient toujours en souffrance, faute de personnel suffisant, et 7 500 décisions de refus se trouvent également en phase d’appel.

La capacité des centres d’accueil et de rétention est par ailleurs saturée, comme à Pournara, où jusqu'à 3 000 personnes ont pu être accueillies pour une capacité d'à peine 1 000 places.

Le responsable a imputé ces hausses à la Turquie, qui « instrumentalise » la migration avec des vols vers Istanbul depuis l’Afrique subsaharienne, puis des passages par la ligne verte sur l'île.

Chypre avait d'ailleurs demandé, fin 2021, de bénéficier d'une mesure similaire à celle proposée (et aujourd'hui complètement dans l'impasse au Conseil de l'UE) à la Pologne, à la Lituanie et à la Lettonie sur la base de l'article 78.3 du Traité, mais la Commission européenne avait refusé.

La Commission a toutefois confirmé, jeudi, la situation tendue à Chypre, avec des « centres saturés », l’île étant aujourd’hui le premier pays de l'UE en termes d’accueil de demandeurs d’asile par habitant.

Un protocole d’accord a été signé début 2022 entre Chypre, la Commission et les agences de l’UE (EUAA, Frontex, Europol) avec un plan d’action conjoint qui prévoit notamment le renforcement des capacités de premier accueil des demandeurs d’asile, l’amélioration globale du niveau des conditions matérielles d’accueil, la mise en œuvre de procédures d’asile rapides et efficaces, l’amélioration de l’efficacité du système de retour et l’élaboration d’une stratégie pour l’intégration des ressortissants de pays tiers.

La Commission a aussi indiqué jeudi avoir testé auprès des États membres la possibilité de « relocalisations volontaires » de demandeurs d’asile, « mais c’était juste avant la guerre en Ukraine » - a dit Beate Gminder, du groupe de travail ‘migration’ -, qui a ensuite fortement perturbé les États membres.

De son côté, la représentante de l’ONG EuroMedRights, Sara Prestianni, a critiqué la démarche de Chypre de renvoyer les demandeurs d’asile venus de pays dits sûrs, comme l’Égypte, par exemple.

Elle a plaidé pour davantage de places d’accueil et pour la fin des démarches de retours.

Certains élus, comme Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise), ont accusé Chypre de pratiquer des refoulements, par exemple vers le Liban. Chypre a signé un accord avec le Liban en 2020 pour renvoyer toute personne essayant d'atteindre l'île par bateau, ce qui, selon Mme Strik, correspond parfaitement « à une pratique de refoulement ». (Solenn Paulic)

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