Le Conseil de l'Union européenne a adopté, jeudi 21 avril, des mesures restrictives à l'encontre de deux hommes d'affaires pour leur rôle dans l'atteinte ou la menace à l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine et pour avoir bénéficié de décideurs russes responsables de l'annexion illégale de la Crimée ou de la déstabilisation de l'est de l'Ukraine.
Il s'agit d'Evgueni Prigojine, éminent homme d'affaires russe qui entretient des liens étroits avec le président, Vladimir Poutine, et le ministère russe de la Défense. Il est le fondateur et le chef officieux du groupe Wagner. Selon le Conseil, certaines de ses sociétés ont bénéficié d'importants contrats publics avec le ministère russe de la Défense à la suite de l'annexion illégale de la Crimée par la Russie et de l'occupation de l'est de l'Ukraine par des séparatistes soutenus par la Russie. M. Prigojine faisait déjà l'objet de sanctions pour son soutien à des actes qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la Libye (EUROPE 12582/32).
L'Ukrainien Serhiy Vitaliyovich Kurchenko, qui a pris le contrôle de plusieurs grandes usines métallurgiques, chimiques et énergétiques dans les zones tenues par les séparatistes pro-russes avec le soutien de ces derniers, fait aussi l'objet de mesures. Il a en outre, selon le Conseil, renforcé l'approvisionnement indépendant en électricité de la péninsule de Crimée et y possède le plus grand dépôt de pétrole.
Avec cette décision, les mesures restrictives de l'UE concernant l'atteinte à l'intégrité territoriale de l'Ukraine s'appliquent désormais à un total de 1 093 personnes et 80 entités. (Camille-Cerise Gessant)