Plusieurs ministres des Finances de pays de l'Union européenne ainsi que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, et le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, ont quitté la réunion du G20 'Finances', mercredi 20 avril à Washington, lorsque leur homologue russe, Anton Siluanov, a pris la parole, en signe de protestation contre l'invasion russe de l'Ukraine.
La réunion en format hybride des grands argentiers mondiaux, la première depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine fin février, était notamment consacrée aux conséquences macroéconomiques de la guerre en Ukraine, discussion à laquelle a participé le ministre ukrainien, Serhiy Marchenko.
La ministre indonésienne des Finances, Sri Mulyani Indrawati, dont le pays assume la présidence du G20 cette année, a admis que ce forum ainsi que les organisations financières internationales faisaient face à des défis sans précédent.
« Les pays membres partagent l'avis selon lequel la guerre rend la reprise et la croissance économiques beaucoup plus compliquées », a-t-elle noté. Et d'ajouter : « Il y a une condamnation ferme de la guerre en Ukraine menée par la Russie, mais tous les membres ont souligné le besoin de continuer la coopération au sein du G20 et l'importance du multilatéralisme ».
Pour la Secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, « la guerre de la Russie contre l'Ukraine a mis en péril la reprise économique mondiale après le déclenchement de la pandémie et elle a aggravé l'inflation, les citoyens vulnérables à travers le monde étant touchés par les effets de la flambée des prix alimentaires ».
Mardi, le FMI avait averti contre un ralentissement marqué de la croissance économique en zone euro, celle-ci étant ramenée à 2,8% du PIB en 2022 alors que ses prévisions de janvier avaient anticipé une croissance de 3,9% (EUROPE 12934/17).
Lors de son intervention par visioconférence, M. Siluanov a mis en garde contre une politisation du débat.
« À l'heure actuelle, il n'y a pas de possibilité d'exclure (les autorités russes) de ces enceintes », avait indiqué une source française de Bercy la semaine dernière, notant la volonté de pays membres de dénoncer l'invasion de l'Ukraine à chacune des réunions des organismes économiques internationaux.
Aucun communiqué n'a été publié à l'issue de la réunion du G20 'Finances'.
Parmi les autres discussions lors des réunions de printemps des organisations financières internationales figure, outre l'aide macroéconomique aux pays vulnérables, la création d'un fonds au sein de la Banque mondiale pour financer la préparation aux futures pandémies. (Mathieu Bion)