Devant les députés de la commission de l'environnement, de la santé et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, s'est faite le chantre de la sûreté alimentaire et de systèmes alimentaires durables, jeudi 21 avril, dans le cadre du dialogue structuré avec les eurodéputés.
Cet échange lui a permis de passer en revue les grands dossiers de cette année 2022 'année de l'action' et de confirmer notamment l'importance que revêtira la mise en œuvre de la stratégie 'de la ferme à la table' (F2F), la guerre en Ukraine n'ayant pas changé les engagements de la Commission envers la durabilité, « que du contraire», a-t-elle assuré.
Stratégie F2F. La commissaire a souligné que cette stratégie permettra la réorientation fondamentale de l’agriculture européenne et des systèmes alimentaires pour qu’ils soient plus résilients et plus durables.
« Nous poussons la stratégie 'de la ferme à la table', car c'est un impératif, pas un luxe. dans le cadre de l’approche One health. Pour minimiser les risques futurs, nous devons être capables de fournir la protection dont nous avons besoin pour l’avenir, ce qui signifie qu’il faut réunir les concepts de Pacte vert européen, d’Union européenne de la Santé et du bien-être des animaux. Nous y travaillons en permanence et nous entendons mettre en œuvre notre stratégie, comme prévu », a déclaré la commissaire.
Selon elle, cette approche est celle qui permettra de prévenir de futures pandémies, a-t-elle précisé.
Utilisation durable des pesticides. La révision de la législation par une proposition de règlement attendue le 22 juin est particulièrement nécessaire pour la protection de la biodiversité, de l’environnement et de la santé humaine, a souligné la commissaire. Ce futur règlement, qui relève du Conseil 'Agriculture' de l'UE, « protégera les citoyens, les zones sensibles et offrira un cadre juridique robuste pour faire en sorte que la gestion intégrée des nuisibles soit une approché clé pour l’ensemble des exploitants agricoles ».
Et de préciser que, si les pesticides chimiques doivent être la solution de dernier ressort, il conviendra de faciliter l'accès à des pesticides à faibles risques ou biologiques pour ne pas laisser les agriculteurs sans moyens de protéger leurs cultures.
Systèmes alimentaires durables. La proposition de cadre législatif - autre texte majeur, selon Mme Kyriakides - fixera des objectifs, des principes et des responsabilités communs dans le système alimentaire.
La Commission prépare aussi la révision du règlement européen 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires « pour les aider à faire des choix alimentaires plus sains ».
Nouveaux OGM. Mme Kyriakides a estimé que la révision de la législation sur l'autorisation des OGM pourrait permettre aux nouvelles techniques génomiques d'aider les exploitants agricoles à disposer de semences garantissant des rendements élevés, par « l'amélioration des variétés dans des délais courts ». Selon elle, il convient de déterminer avec le Parlement comment stimuler la durabilité et la sécurité alimentaire, sans compromettre la sûreté alimentaire.
Scandales sanitaires. Marie Toussaint (Verts/ALE française) et Biljana Borzan (S&D, croate) ont demandé quelles mesures la Commission comptait prendre face aux derniers scandales, comme celui du chocolat à la salmonelle et des fromages à la listeria, qui mettent au jour des lacunes dans les contrôles et menacent la santé humaine. Mme Kyriakides a lu le rapport liminaire de l'EFSA et l'ECDC sur l'origine de la contamination des produits Ferrero et a répondu que les États membres devaient mettre en œuvre la législation de l'UE et que les sanctions envers les contrevenants étaient de leur ressort. (Aminata Niang)