Les trois autorités européennes de surveillance financière (AES) - l’Autorité bancaire européenne (EBA), l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) et l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) - ont publié, mercredi 13 avril, leur premier rapport commun d'évaluation des risques pour 2022. Le rapport souligne les vulnérabilités croissantes dans l'ensemble du secteur financier ainsi que la montée des risques environnementaux et informatiques.
Selon les AES, l'économie de l'UE était sur la voie d'une forte reprise après la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 et le secteur financier avait largement résisté. Toutefois, les nouvelles vagues et les variants du virus, les inquiétudes concernant le risque d'inflation, la hausse des prix des matières premières et l'aggravation des risques géopolitiques ont entravé cette reprise. Ces risques, apparus en 2021, ont été amplifiés par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, dont les conséquences économiques ont aggravé les perspectives de croissance et d'inflation et entraîné une volatilité accrue des marchés. La résilience des marchés dépendra essentiellement de la capacité des marchés et des institutions financières à y faire face.
Les marchés financiers restent vulnérables aux changements du sentiment du marché. Dans le secteur de l'immobilier, la hausse persistante des prix et l'augmentation des emprunts des ménages ont accru les risques. Quant au secteur financier, il est de plus en plus exposé aux risques environnementaux et aux risques liés à la numérisation.
En conséquence, les AES conseillent aux autorités nationales compétentes, aux institutions financières et aux acteurs du marché de prendre certaines mesures : - se préparer à d'éventuelles nouvelles conséquences néfastes ; - veiller à respecter les régimes de sanctions, en coordination avec les autorités et les acteurs des marchés financiers ; - se préparer à une éventuelle détérioration de la qualité des actifs dans le secteur financier ; - faire attention aux nouvelles hausses potentielles des rendements et aux renversements soudains des primes de risque ; - faire attention aux investisseurs de détail ; - intégrer davantage les considérations sociales, environnementales et de gestion dans les stratégies commerciales et les structures de gouvernance ; - renforcer les mesures de résilience numériques.
Pour lire le rapport des AES : https://aeur.eu/f/19x (Anne Damiani)