Les experts des États membres de l’UE ont réservé un bon accueil, lundi 28 mars, aux diverses propositions de la Commission européenne destinées à assurer la sécurité alimentaire en ces temps de guerre en Ukraine.
Lors de la réunion du comité spécial agriculture (CSA), plusieurs délégations ont également exprimé leur soutien à l'idée d'une stratégie européenne pour les protéines, ce qui a été salué par l’Autriche, à l’origine de cette demande.
Lors du débat au CSA sur les mesures en faveur de la sécurité alimentaire, plusieurs pays (l'Italie, la Finlande, la Grèce, l'Allemagne, la Slovénie…) ont estimé que le délai du 30 septembre pour effectuer les paiements au titre de l’aide exceptionnelle (de 500 millions d’euros) était trop court (EUROPE 12917/9).
En outre, certaines délégations, comme la Slovénie, la Slovaquie et la Grèce, ont estimé que la dérogation pour pouvoir cultiver sur les terres en jachère devrait être accordée aussi en 2023 (et non pas seulement en 2022). De nombreuses délégations ont demandé de pouvoir utiliser des fonds non utilisés dans le cadre du pilier 2 (développement rural) de la politique agricole commune (PAC) ainsi qu’une plus grande flexibilité pour pouvoir transférer des fonds entre le premier (aides directes) et le second pilier (la Commission n’accepte pas ces requêtes, à ce stade).
Enfin, certains pays ont fait part de leur préoccupation concernant les prix élevés des denrées alimentaires pour les consommateurs de l'UE (en particulier les familles à faible revenu).
Situation des marchés. La Commission a relevé que l'approvisionnement alimentaire de l'UE était stable pour cette année, de même que la disponibilité en engrais. Elle a noté aussi de bons prix pour les produits animaux, notamment les produits laitiers, la viande bovine et la volaille (elle a relevé une forte hausse des prix de la viande porcine, qui est toujours cependant un sujet de préoccupation).
La Commission table aussi sur :
- une bonne récolte pour les céréales et les oléagineux ;
- des prix élevés pour les fruits et légumes, même si la perte des marchés (russe, ukrainien et biélorusse) pourrait avoir une incidence sur ce secteur ;
- des prix élevés pour le sucre (mais affectés par la hausse des prix de l'énergie) ;
- une hausse des prix de l'huile d'olive en raison de la rareté de l'huile de tournesol.
Le Conseil 'Agriculture' reviendra sur ces sujets (sécurité alimentaire, situation des marchés) lors de sa prochaine réunion, le 7 avril à Luxembourg, et il adoptera par ailleurs des conclusions sur le thème de l'agriculture bas carbone (carbon farming). Plus d'informations : https://aeur.eu/f/10o (Lionel Changeur)