La commission des droits des femmes et de l'égalite des genres (FEMM) du Parlement européen s’est penchée, mardi 29 mars, sur la situation des femmes et des enfants réfugiés d'Ukraine avec la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, qui leur a rappelé que, sur les 3,8 millions de personnes déjà arrivées dans l’UE à ce jour, la « moitié sont des enfants ».
Au lendemain de la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE, qui a permis de faire le point sur la prise en charge des réfugiés dans les États membres, les députés de la commission FEMM ont voulu interroger la commissaire sur la situation particulière des femmes et des enfants, davantage exposés aux risques de traites et de réseaux d’exploitation.
Des élues comme Elżbieta Łukacijewska (PPE, polonaise) ont par ailleurs pointé le problème de l’accès aux écoles et aux crèches. « Il faut du personnel enseignant supplémentaire », a-t-elle commenté. Elle s’est aussi inquiétée de premiers faits divers comme la « disparition d’une jeune ukrainienne de 16 ans » à la frontière ukraino-polonaise.
L’Espagnole Lina Gálvez Muñoz (S&D), pour sa part, a évoqué la situation particulière des mères porteuses ukrainiennes et la situation des bébés promis à des familles européennes.
L’utilisation du viol comme arme de guerre a aussi été citée comme une préoccupation majeure par l’Allemande Terry Reintke (Verts/ALE).
La commissaire a rejoint les élus sur ces inquiétudes et a rappelé, dans un premier temps, que l’objectif de la nouvelle plateforme européenne d’enregistrement des réfugiés a pour but de consolider les statistiques et d’identifier les éventuelles disparitions. Le réseau anti-traite européen est aussi activé et les polices des États membres font des contrôles de voitures ou des structures privées où ces femmes et enfants sont hébergés.
S’il n’y a pas de statistiques officielles sur ce phénomène, « il y a beaucoup de rapports informels de voitures qui viennent chercher des personnes vulnérables », a reconnu la commissaire.
En ce qui concerne les fonds, notamment pour soutenir les services de santé ou d’éducation et d’accueil scolaire, la commissaire a répété que la Commission réfléchissait à de nouvelles enveloppes, ces missions ne relevant pas strictement de son portefeuille ‘migration’.
Plan en 10 points
Le plan en 10 points présenté le 28 mars aux ministres de l’Intérieur prévoit aussi l’élaboration par la Commission, en collaboration avec l'Agence de l'Union européenne pour l'asile, de procédures opérationnelles standard et d'orientations uniformes pour l'accueil et le soutien des enfants et la définition de procédures spécifiques pour le transfert de mineurs non accompagnés, qui pourraient déjà être 6 000, selon l'UNICEF.
Le plan couvre aussi un plan commun de lutte contre la traite des êtres humains pour prévenir la traite et l'exploitation. Sous la direction du coordinateur de l'UE pour la lutte contre la traite des êtres humains, un plan anti-traite sera élaboré pour parer aux risques de traite et soutenir les victimes potentielles. Ce plan reposera sur la stratégie de l'UE visant à lutter contre la traite des êtres humains (2021-2025), a expliqué la Commission dans un communiqué. Lien vers le plan : https://aeur.eu/f/10z (Solenn Paulic)