Les ministres de la Santé des États membres de l'UE, réunis mardi 29 mars à Bruxelles, ont été informés que la Commission européenne a reçu mandat du Conseil de négocier au nom de l'UE un accord international de l'OMS pour la prévention, la préparation et la riposte aux futures pandémies, à conclure en 2024 (EUROPE 12903/21).
Ces négociations, qui portent aussi sur des amendements au Règlement sanitaire international, ont déjà débuté, a indiqué la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, aux ministres, appelant les États membres à faire preuve d'unité.
Cette décision « montre le rôle moteur que joue l'UE dans la réforme de l'architecture mondiale », s'est félicité le secrétaire d'État français à la Protection de l'enfance, Adrien Taquet, qui a présidé la session. Il a souligné que les demandes « formulées à plusieurs reprises par le Conseil européen ont été déterminantes pour acter le lancement des travaux à l'OMS ». Aucune délégation n'a pris la parole mardi.
Un avant-projet de texte sera présenté lors de la deuxième réunion de l'organe intergouvernemental de négociation, qui se tiendra au plus tard le 1er août prochain. « Il est crucial que l'Union européenne soit une force de proposition et alimente les travaux de rédaction du projet de texte, qui ont déjà commencé, et il en va de même pour la révision ciblée du règlement sanitaire international dans la perspective de l'Assemblée mondiale de la santé qui se tiendra en mai 2022 », a déclaré le ministre français.
Soulignant que l'UE a été « une force motrice dans cette réforme de l'OMS » et ce futur accord international qui nécessitera un accord préalable sur des modifications du règlement sanitaire international, Stella Kyriadides a estimé : « C'est une occasion historique de renforcer le cadre sanitaire international ». Elle a assuré que la Commission consultera les experts nationaux représentés à Genève.
L'UE défend l'idée d'un Traité international contraignant. Le projet de texte prévoit que, si 2/3 des pays du monde se rallient au futur accord, celui-ci sera contraignant.
La solidarité vaccinale avec les pays tiers a été abordée par les ministres européens de la Santé principalement sous l'angle de la vaccination des réfugiés ukrainiens dans l'UE et dans les pays voisins, comme la Moldavie et la Slovaquie, auxquels l'UE donnera 70 000 doses de vaccins anti-Covid-19 par le biais du Mécanisme de protection civile de l'UE (voir autre nouvelle).
Le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, qui a plaidé pour l'administration dans l'Union européenne d'une quatrième dose pour les plus de soixante ans, a dit sa crainte que « l'UE soit contrainte de détruire des vaccins », compte tenu de la diminution des besoins de nombreux pays à faibles revenus qui ont dû stocker des doses non utilisées. (Aminata Niang)