Le ministre des Affaires étrangères de Macédoine du Nord, Bujar Osmani, a appelé, lundi 21 mars, à la mise en place d'une nouvelle dynamique pour accélérer l’entrée des Balkans occidentaux sur la voie européenne.
Devant les députés de la commission des Affaires étrangères du PE, M. Osmani a rappelé que depuis sa dernière visite, en décembre 2020 (EUROPE 12620/23), rien n’avait changé pour son pays qui n’a toujours pas ouvert ses négociations d’adhésion en raison d’un différend avec la Bulgarie. Cependant, selon le ministre, les deux pays sont « très proches de trouver une solution acceptable ».
« L’UE peut être comparée à un paquebot qui navigue tout doucement et prend du temps pour prendre une décision, mais en temps de mer démontée, il faut montrer que l’Europe peut prendre une décision et changement de cap rapidement », a-t-il expliqué, appelant à l’ouverture des négociations d’adhésion avec son pays sous présidence française du Conseil de l’UE.
« Il est temps de prendre des décisions fermes, car la question de l’intégration commence à être une question de sécurité de première importance dans la région (..) On ne parle plus de la crédibilité de l’UE, mais de la stabilité et la sécurité de la région et de l’Europe au sens large », a-t-il prévenu.
M. Osmani a rappelé que son pays attend depuis treize ans d’ouvrir ses négociations d’adhésion, expliquant que cette longue attente avait mené à une certaine déception vis-à-vis de l’UE. Si le soutien à l’adhésion est à 68%, la confiance en l’UE est passée de 46% en 2019 à 9% actuellement, selon le ministre. Il a également rappelé que des puissances extérieures essayaient de profiter de la frustration dans les sociétés balkaniques. (Camille-Cerise Gessant)