Le ministre des Affaires étrangères macédonien, Bujar Osmani, a rappelé, jeudi 10 décembre, qu’il n’y avait pas d’autre avenir pour son pays que celui de devenir membre de l’UE, alors que la Bulgarie continue d’opposer son veto à l’ouverture officielle des négociations d’adhésion à l'UE de la Macédoine du Nord (EUROPE 12618/2).
« Il n’y a pas de plan B (…), l’adhésion à l’UE est irremplaçable », a-t-il expliqué devant la commission des Affaires étrangères du PE. « Il n’y a pas d’alternative à l’UE », a-t-il ajouté.
M. Osmani n’a pas caché sa déception face au blocage auquel fait face son pays, estimant que cela faisait le jeu des eurosceptiques.
« Si la définition européenne d’un pays qui progresse (vers son adhésion) est un pays qui continue à se réformer et à consolider sa démocratie, qui réinstaure la confiance institutionnelle et l’État de droit, qui améliore la transparence du processus de décision, qui veille au respect de la séparation des pouvoirs et qui devient un facteur de stabilité dans la région en résolvant les questions bilatérales encore ouvertes, alors la Macédoine du Nord mérite de tenir sa première conférence intergouvernementale d’ici la fin de l’année », a-t-il estimé.
En attendant, pas question de se reposer sur ses lauriers. M. Osmani a précisé que le pays allait poursuivre ses réformes. « Nous allons intensifier nos efforts et nous concentrer sur le premier cluster (de chapitres de négociations d’adhésion à l’UE) pour éviter de perdre du temps et être prêts quand les négociations seront officiellement ouvertes », a-t-il prévenu. Le premier cluster, qui porte notamment sur les droits fondamentaux, est le premier ouvert dans le processus d’adhésion et le dernier à être fermé avant l’adhésion d’un pays.
Quoi qu'il en soit, Skopje devra être patiente. Selon M. Osmani, une autre décennie pourrait passer avant que l’UE soit prête à accepter un nouvel État membre. (Camille-Cerise Gessant)