Malgré trois sessions de travail intermittentes et plus de sept heures de discussions sur le sujet en cumulé, les chefs d’État ou de gouvernement de l'Union européenne n’étaient toujours pas parvenus à un accord à l’heure où nous mettions sous presse (vers 6h30 du matin), vendredi 11 décembre, concernant la possibilité de rehausser à ‘au moins 55%’ l’objectif de l’Union européenne de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2030 (par rapport au niveau de 1990).
Cause de ce blocage : l’impossibilité pour les Vingt-sept de s’accorder sur des conclusions par rapport au ‘cadre facilitateur’ (‘enabling framework’), c’est-à-dire la manière d’aider les pays de l’UE – en particulier les États membres plus pauvres et davantage dépendants des énergies fossiles – à effectuer leur transition énergétique et, ainsi, faire leur part pour atteindre ce nouvel objectif commun.
Un petit groupe d’États, la Pologne en tête, subordonnent en effet leur adhésion à l’objectif d’au moins 55% à l’obtention de garanties concernant le soutien qu’ils recevront de l’UE pour mener leur transition.
Ils souhaitent ainsi que les conclusions du Conseil européen contiennent davantage de précisions sur les instruments qui seront mis en place dans cette optique, notamment en ce qui concerne la révision à venir du système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’UE et du Fonds pour la modernisation.
Pour les pays qui avaient déjà clairement exprimé leur soutien à une réduction des émissions d’au moins 55%, voire à un objectif encore plus ambitieux, le ‘cadre facilitateur’ doit être détaillé en aval, à travers les propositions de la Commission européenne et le travail des colégislateurs. (Damien Genicot)