Le groupe social-démocrate (S&D) au Parlement européen suggère que la Conférence sur l'avenir de l'Europe se prolonge en 2023, puisque la pandémie de Covid-19 et l'imbroglio interinstitutionnel sur le choix de la présidence n'ont pas encore permis de donner le coup d'envoi de cet exercice paneuropéen de réflexion.
La proposition d'étendre les travaux de la conférence à 2023, inscrite dans un document d'orientation qu'a publié le groupe S&D jeudi 10 décembre, permettrait de maintenir le délai de deux ans initialement prévu. Mais les résultats de la Conférence ne coïncideraient alors plus avec la Présidence française du Conseil de l'UE du premier semestre 2022, que le président Macron, à l'origine de la Conférence, souhaite mettre à profit pour donner une impulsion à l'intégration européenne. En France, les élections présidentielles auront également lieu au printemps 2022.
Les sociaux-démocrates insistent sur l'importance d'impliquer toutes les catégories de population, notamment les femmes et les jeunes, ces derniers devant représenter « un tiers » des participants aux agoras citoyennes qui discuteront d'enjeux tels que la relance économique, la santé, les droits sociaux, la transition numérique, la démocratie européenne et l'État de droit.
Le groupe S&D est également d'avis que la Conférence doit permettre au Parlement européen d'améliorer sa légitimité auprès des citoyens européens en tant qu'institution de l'UE proche de leurs préoccupations quotidiennes.
Sur les suites à donner à la Conférence, il estime que les trois institutions colégislatrices devront coopérer pour « traduire les conclusions en actions et en propositions législatives concrètes et, si une position claire émerge, suggérer les changements de traité nécessaires à leur mise en œuvre ». « Nous ne pouvons pas prendre au sérieux l'insistance du Conseil de l'UE sur son rôle décisif dans les suites à donner aux résultats » de la Conférence, estime le groupe S&D.
Voir le document d'orientation : https://bit.ly/39ZFxqW (Mathieu Bion)