Le ministre des Affaires étrangères moldave, Nicu Popescu, a expliqué, mardi 22 mars devant la commission ‘Affaires étrangères’ du Parlement européen, que son pays voulait adhérer à l’Union européenne pour devenir un État démocratique pleinement fonctionnel. La Moldavie a déposé sa demande d’adhésion à l’UE début mars (EUROPE 12903/11).
« Nous pensons notre avenir à l’intérieur de l’Union européenne. Pour cela, nous avons besoin de réformes pour renforcer le gouvernement, le système politique. C’est la raison pour laquelle nous avons la volonté d’adhérer à l’UE pour faire ces réformes, pour devenir un État démocratique pleinement fonctionnel », a expliqué M. Popescu.
En attendant, son pays souhaite se rapprocher de l’UE, notamment avec la fin des frais d’itinérance téléphonique ou via la fin de quotas commerciaux.
Le ministre est revenu sur les conséquences de la guerre en Ukraine sur son pays. « Dans la crise actuelle, le soutien de l’UE est plus important que jamais », a-t-il expliqué, estimant que son pays était le pays voisin le plus affecté par la crise.
Plus de 360 000 Ukrainiens sont arrivés en Moldavie depuis le début de la crise et 100 000 personnes y seraient toujours, un chiffre qui représente 4% de la population moldave.
Au-delà de la crise des réfugiés, le pays subit une crise commerciale, car l’Ukraine représentait 13% des exportations moldaves et ses importations en provenance de l’Ukraine et via le port d’Odessa sont totalement interrompues. « On doit importer des marchandises plus chères, avec une distance plus longue », a expliqué M. Popescu.
« La situation socio-économique risque de se détériorer gravement au fur et à mesure guerre se poursuit », a prévenu le ministre, appelant à demi-mot à un soutien financier supplémentaire de l’UE.
Selon lui, la guerre aura aussi des conséquences sur le rythme des réformes dans son pays et des investissements possibles.
À ce stade, a dit M. Popescu, la situation est calme en Transnistrie, région séparatiste. « Nous n’avons pas vu de mouvement inquiétant annonçant une escalade a l’intérieur ou autour de la Transnistrie », a-t-il expliqué. Aucun scénario ne doit néanmoins être exclu. « Il n’y a pas encore de signe en ce sens, mais la situation peut changer rapidement. La zone de combats se rapproche de notre frontière », a-t-il relevé, précisant que cette situation entraîne l'arrivée en Moldavie de nouveaux réfugiés et met la pression sur les capacités d’accueil fournies. (Camille-Cerise Gessant)