Les députés européens ont condamné, jeudi 16 décembre, le « large déploiement militaire » actuel de la Russie le long de la frontière avec l’Ukraine.
La Russie doit « retirer immédiatement et intégralement ses forces militaires, ne plus menacer l’intégrité territoriale de l’Ukraine (…), lever toutes les mesures qui exacerbent le conflit et apaiser les tensions conformément à ses obligations internationales », souligne la résolution commune des groupes Verts/ALE, S&D, Renew Europe, PPE et CRE adoptée en session plénière (548 voix pour, 69 contre et 54 abstentions).
Selon le PE, « les déploiements militaires russes récurrents à la frontière ukrainienne sont un outil permettant d’arracher des concessions politiques à l’Occident aux frais de l’Ukraine ». « Les actions de compromis ou d’apaisement de la part de l’Occident seraient perçues comme une faiblesse par la Russie et ne feraient que l’encourager à renforcer encore son attitude agressive », préviennent les députés.
Ils estiment que l’UE doit être prête à envoyer à Moscou « un avertissement très ferme sur le fait que les hostilités militaires seront non seulement inacceptables, mais qu’elles auront en outre un prix économique et politique élevé ». Selon les députés, le Conseil doit rester prêt à convenir rapidement d’une nouvelle action commune, « en particulier l’adoption de sanctions économiques et financières sévères en étroite coordination », notamment, avec les États-Unis et l’OTAN, afin de faire face aux menaces « immédiates et crédibles » que représente la Russie, plutôt que « d’attendre une nouvelle invasion pour agir ».
Le PE pense que le nouveau train de sanctions devrait viser le corps des officiers et les officiers généraux russes impliqués dans la planification d’une éventuelle invasion, l’entourage immédiat et les oligarques dans l’orbite du président russe et leurs familles.
De plus, il exige que l’exclusion de la Russie du système de paiement SWIFT soit comprise dans les sanctions. Le PE demande aussi aux institutions de l'UE et aux États membres de veiller à ce que le gazoduc Nord Stream 2 ne soit pas mis en service, soulignant les risques politiques, économiques et sécuritaires liés à ce projet.
En parallèle de ce vote, les dirigeants européens étaient réunis en sommet pour discuter, notamment, de la réponse à donner en cas d’agression russe en Ukraine (voir autre nouvelle).
Au-delà des menaces envers la Russie, le PE réitère son soutien à l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Les pays amis devraient renforcer leur soutien militaire à Kiev et la fourniture d’armes défensives, ajoutent les députés.
Si la résolution ne le mentionne pas, lors du débat sur le sujet, mardi 14 décembre, le député européen Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien) a aussi estimé qu’il était « urgent » de prendre une décision concernant la mise en place d’une mission de formation (EUTM) (EUROPE 12849/15).
Voir la résolution : https://bit.ly/3H4sJgf (Camille-Cerise Gessant)