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Bulletin Quotidien Europe N° 12855
CONSEIL EUROPÉEN / Énergie

Hausse des prix de l’énergie, les dirigeants des États membres de l’UE dans l’impasse

Divisés aussi bien sur les solutions à mettre en œuvre que sur l’analyse des causes, les 27 chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’Union européenne semblent faire du sur place concernant la réponse à apporter à la hausse des prix de l’énergie. Ils ne sont ainsi pas parvenus à s’accorder sur des conclusions, jeudi 16 décembre, malgré près de cinq heures de discussions sur le sujet dans la salle du Conseil européen, à Bruxelles.

À l’origine de ce blocage, le refus de la Pologne et la République tchèque d’adopter des conclusions dépourvues de mentions explicites à l’acte délégué complémentaire sur la taxonomie de l’UE et à la nécessité de lutter contre la spéculation sur le marché carbone de l’UE (système d’échange de quotas d’émission – ETS).

« Nous ne pouvions pas nous permettre d’adopter des conclusions qui seraient vides à un moment aussi difficile. Le système ETS a chaviré et ne fonctionne pas, j’ai exigé sa réforme », a ainsi déclaré à l’issue du sommet le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a regretté de son côté l’absence d’accord et l’intrusion de la taxonomie dans le débat : « Nous avons demandé à la Commission des rapports plus détaillés sur le fonctionnement du marché de l’électricité et la hausse des prix, mais des questions sans rapport avec le sujet, comme la taxonomie, se sont mêlées au débat ».

Il a en outre jugé « inacceptable » que des pays remettent en cause le système ETS.

« Les divergences autour de la table n’ont pas permis d’avoir un accord sur le texte des conclusions. Le thème reviendra à l’ordre du jour d’un prochain Conseil européen », a précisé le président du Conseil européen, Charles Michel.

En octobre, les Vingt-sept avaient déjà adopté une position assez attentiste en décidant de revenir sur la question de la hausse des prix de l’énergie en décembre (EUROPE 12817/1).

Taxonomie, les États pro-gaz et pro-nucléaire s’impatientent

Outre la Pologne, la Slovaquie, la Bulgarie et la Roumanie auraient également soutenu la demande de la République tchèque d’insérer une mention explicite à l’acte délégué relatif à l’inclusion de l’énergie nucléaire et du gaz fossile dans la taxonomie de l’UE.

À l’issue de la réunion des Vingt-sept, le Premier ministre slovaque, Eduard Heger, a indiqué que la Commission avait assuré qu'elle lancerait « la procédure liée à l’acte délégué sur la taxonomie » d’ici la fin de l’année.

Si aucune date officielle n’a été communiquée, la présentation du texte pourrait avoir lieu mercredi 22 décembre, jour de la dernière réunion du Collège des commissaires européens.

Parmi les États membres soutenant l’inclusion du nucléaire et/ou du gaz fossile dans la taxonomie figurent la France, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, les Pays-Bas, la Suède, la Finlande, la Bulgarie, Chypre, Malte, la Slovénie et la Croatie. 

Le Chancelier autrichien, Karl Nehammer, a soutenu pour sa part que son pays, « soudé » avec l’Allemagne et le Luxembourg, avait remporté une victoire contre le nucléaire, « mais pas encore la guerre ». (Damien Genicot avec la rédaction)

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