Alors que les cas d’infection et de décès liés à la Covid-19 augmentent à nouveau rapidement dans l’Union européenne, que les hôpitaux se trouvent sous forte pression et que le variant 'Omicron' fait son apparition dans les États membres, la Commission européenne a publié, mercredi 1er décembre, ses recommandations pour une réponse sanitaire coordonnée.
La première chose qu’elle requiert des Vingt-sept est qu’ils s’engagent à mettre en œuvre une stratégie commune pour limiter la propagation du nouveau variant, notamment en examinant quotidiennement les restrictions appliquées aux voyages.
Les États membres doivent se tenir prêts à instaurer tous les contrôles qui s'imposent, estime l’institution de l'UE. L'obligation de réaliser un test PCR avant l'arrivée dans un État pourrait, selon elle, être « un moyen approprié » à envisager.
« Nous devons faire notre possible pour tirer le meilleur parti du temps qu’il nous reste jusqu'à ce que nous ayons des certitudes sur les caractéristiques de transmissibilité et de gravité de l’'Omicron' », ce qui prendra deux ou trois semaines, a indiqué à la presse la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.
L'institution européenne appelle également les Vingt-sept à reconsidérer des mesures telles que le port du masque, la distanciation sociale, le suivi des contacts. Elle insiste également sur la nécessité d’accroître leur capacité de séquençage génomique et la surveillance des variants, notamment en généralisant les tests dans les eaux usées.
Et, à l'instar du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) et de l’Agence européenne des médicaments (EMA) la semaine dernière (EUROPE 12839/9), la Commission presse surtout les États membres de poursuivre et d’étendre leurs campagnes de vaccination.
Au 1er décembre, 70,5% de la population adulte de l'UE avait reçu au moins une dose de vaccin et 66,2% était entièrement vaccinée, selon les données mises en ligne par l'ECDC.
Campagnes de rappel
Ces vaccins auraient permis de sauver la vie de 470 000 personnes âgées de 60 ans et plus dans les 33 pays de la région européenne de l’OMS, selon une étude publiée la semaine dernière par l’ECDC et le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé.
« Ce que la science nous dit, c’est que la vaccination complète et le rappel vaccinal offrent la meilleure protection contre la Covid-19 qui soit disponible à l’heure actuelle », a souligné Ursula von der Leyen.
La Commission incite donc à la mise en place immédiate de campagnes de rappel dont l’apparition du variant 'Omicron' n’a fait qu’accroître l’urgence, assure-t-elle.
Et les vaccins ne manqueront pas, a souligné la présidente. Sur les près de deux milliards de doses de vaccins contre la Covid-19 dues à l'UE par les entreprises Moderna et Pfizer/BioNTech pour la période 2022-2023, un total de 360 millions de doses seront livrées d'ici la fin du premier trimestre 2022, a-t-elle ajouté, précisant que cela serait suffisant pour administrer une dose de rappel à tous les Européens ayant déjà été vaccinés.
« C'est une bonne nouvelle, alors n'attendez pas ! », a lancé Mme von der Leyen.
La communication publiée mercredi indique, par ailleurs, que l’UE disposera, d'ici la fin de l'année, d'une capacité de production de vaccins de plus de 300 millions de doses par mois.
Un nouveau site européen pour la fabrication du vaccin d’AstraZeneca a notamment été approuvé par l’EMA, mercredi. Ce site, exploité par l’entreprise chinoise WuXi Biologics, est situé à Leverkusen, en Allemagne.
L’obligation vaccinale en question
L’un des « principaux défis » reste toutefois de persuader ceux qui ne sont pas encore vaccinés de recourir au vaccin, conclut la Commission.
Interrogée en salle de presse sur la mise en place de la vaccination obligatoire en Grèce, et alors que le débat à ce sujet s’intensifie en Allemagne, la présidente de la Commission a rappelé qu’il revenait aux gouvernements de prendre une décision en la matière.
Considérant toutefois que le recours insuffisant à la vaccination entraînait « un coût énorme pour la santé », elle a jugé « compréhensible et approprié » d’ouvrir la discussion sur la vaccination obligatoire au sein de l'UE. « Il faut une approche commune. Je pense que c'est une discussion qui doit être menée », a-t-elle ajouté.
S’agissant de la vaccination des enfants, la présidente a annoncé avoir eu la confirmation que le vaccin de Pfizer/BioNTech adapté aux plus jeunes serait disponible dans l’UE plus tôt que prévu, à savoir le 13 décembre.
Selon un rapport de l’ECDC publié également mercredi, les taux d'hospitalisation et la proportion de cas hospitalisés atteints de Covid-19 chez les enfants âgés de 5 à 11 ans ont augmenté, mais restent à des niveaux beaucoup plus bas chez les enfants que chez les adultes.
L’ECDC estime que les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant de contracter une forme grave de la Covid-19 devraient être considérés comme un groupe prioritaire pour la vaccination au sein de leur groupe d’âge.
Pour consulter la communication : https://bit.ly/3dpcRIp
Pour consulter le rapport de l'ECDC : https://bit.ly/3xHnFLd
Réunion des ministres de la Santé
Du côté du Conseil, s’est posée la question de convoquer un sommet européen extraordinaire pour faire un point sur la situation sanitaire.
L’idée a finalement été abandonnée, a confirmé une source institutionnelle. Les ministres européens de la Santé, en revanche, aborderont le sujet mardi 7 décembre.
Ils seront notamment appelés à se prononcer sur une éventuelle coordination des mesures de détection et de contrôle du variant 'Omicron', seront interrogés sur leur position concernant la vaccination des enfants de moins de 12 ans et sondés sur un éventuel projet d’achat conjoint de produits thérapeutiques contre la Covid-19.
Pour consulter la note adressée par la Présidence slovène du Conseil de l'UE en vue du Conseil 'Santé' : https://bit.ly/3lrhupE (Agathe Cherki)