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Bulletin Quotidien Europe N° 12832
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'évolution de la politique monétaire dépendra de celle de la pandémie de Covid-19

Lors de sa réunion programmée jeudi 16 décembre, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) évaluera la situation sanitaire découlant de la pandémie de Covid-19 et, sur cette base, prendra une décision sur sa politique monétaire, et notamment l'évolution de l'opération 'PEPP', a rappelé la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lundi 15 novembre.

Lancée au printemps 2020 pour garantir des conditions de financement favorables au plus fort de la pandémie (EUROPE 12450/6), l'opération 'PEPP' est censée se terminer en mars 2022 ou, du moins, lorsque le Conseil des gouverneurs aura décrété la fin de la phase de crise pandémique. 

Mi-décembre, « nous disposerons de nouvelles prévisions économiques et nous regarderons la situation sanitaire pour évaluer si la phase de crise de la pandémie est terminée ou pas », a indiqué Mme Lagarde. Nous calibrerons nos achats en fonction de notre analyse, a-t-elle ajouté, prévenant que, même en cas de sortie de crise pandémique, la politique monétaire devra rester « persistante » afin d'ancrer la reprise et de placer l'inflation sur une trajectoire conforme à la mission de l'institution de l'UE.

Mme Lagarde a réitéré l'analyse de la BCE présentée fin octobre : la reprise est forte, quoiqu'un peu moins vigoureuse depuis la fin de l'été, l'économie de la zone euro devant retrouver son niveau d'avant-crise fin 2021, soit moins de deux ans après le déclenchement de la pandémie et alors qu'il en a fallu sept lors de la crise de la dette souveraine. Les risques pesant sur l'économie sont équilibrés, l'évolution de la situation sanitaire constituant un risque à la baisse (EUROPE 12822/18). L'inflation, poussée actuellement par la hausse des prix de l'énergie et des problèmes d'approvisionnement, connaîtra un pic pour s'estomper progressivement courant 2022. Mais, à ce stade, la hausse des prix n'a pas d'impact direct sur les salaires, même si ceux-ci devraient croître davantage en 2022, selon l'institut de Francfort.

Dans ces conditions, il est « très peu probable » que la BCE augmente ses taux directeurs en 2022, a redit l'ancienne directrice du FMI (EUROPE 12825/18).

À droite de l'échiquier politique, Markus Ferber (PPE, allemand), Gerolf Annemans (ID, belge) et Michiel Hoogeveen (CRE, néerlandais) se sont inquiétés respectivement de l'impact de l'inflation sur l'épargne des citoyens en Allemagne, de la hausse des salaires en Belgique et des prix immobiliers aux Pays-Bas.

Comprenant les inquiétudes vis-à-vis d'une inflation qui « augmente le coût de la vie et réduit le pouvoir d'achat », Mme Lagarde a rappelé les divergences notables en matière de vigueur de la reprise selon les pays de la zone euro, l'Espagne ne devant retrouver qu'en 2023 son niveau de production de richesses d'avant-crise. Procéder à un resserrement de la politique monétaire actuelle ferait « plus de mal que de bien », a-t-elle estimé.

À gauche de l'échiquier politique, Pedro Silva Pereira (S&D, portugais), Ernest Urtasun (Verts/ALE, espagnol) et Chris MacManus (La Gauche, irlandais) ont salué le fait que la BCE était prête à ne pas reproduire les erreurs du printemps 2011 en relevant trop tôt ses taux directeurs pour être contrainte de les abaisser à nouveau ensuite.

Enfin, Mme Lagarde a évoqué la façon dont les prix immobiliers résidentiels vont progressivement être pris en compte dans le calcul trimestriel de l'inflation, avec pour horizon 2026. D'ici là, un travail législatif sera nécessaire, a-t-elle noté, espérant le soutien du PE sur ce point. (Mathieu Bion)

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