Les eurodéputés membres de la commission ‘transports’ (‘TRAN’) du Parlement européen se sont penchés, lundi 15 novembre, sur une étude menée par la Direction générale des politiques internes de l’Union concernant le déploiement des infrastructures pour carburants alternatifs pour les poids lourds au sein de l’UE (EUROPE 12807/6).
Concrètement, l’étude avance un chiffre de 17 314 bornes de recharge électriques et 728 stations à hydrogène nécessaires le long du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) afin de répondre aux besoins.
Ce chiffre, ont concédé les auteurs de l’étude, pourrait toutefois s’avérer « un peu faible » alors que d’autres études, menées par l'ONG Transport & Environment (T&E) ou l'Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), avancent respectivement des chiffres de 42 000 et 85 000 bornes de recharge nécessaires.
En matière de capacité, le document insiste également sur le besoin de délivrer des puissances de recharge plus élevées, tablant sur une puissance combinée disponible aux bornes au sein du RTE-T de 500 kWh, au lieu des 300 préconisés par la Commission.
De la même manière, d’après les conclusions de l’étude, la puissance devrait être revue à la hausse au sein des nœuds urbains pour passer de 150 à 350 kWh.
Ces puissances disponibles permettraient notamment de faire correspondre « le temps de recharge des véhicules avec le délai de repos contraignant » auquel sont soumis les chauffeurs de poids lourds, ont indiqué les auteurs de l'étude.
Par ailleurs, ont-ils également mis en garde, « il reste peu de temps pour les tests et la révision des politiques nationales d’ici à 2030 et il faudra peut-être ajuster le calendrier » en termes de mise en œuvre.
Dans la foulée de la présentation de l’étude, plusieurs eurodéputés, à l’image de l’élue S&D Kathleen Van Brempt (belge), ont appelé à ce que les besoins des chauffeurs - et des employés du secteur - soient pris en considération dans le cadre des futures discussions. « Il s'agit d'un point crucial pour notre groupe », a-t-elle résumé.
En outre, plusieurs membres de la commission ‘TRAN’ se sont également interrogés sur la cohérence d’une approche basée uniquement sur la distance concernant l’implantation des infrastructures de recharge.
« Négliger cette approche peut comporter certains risques, nous avons besoin de ces technologies, mais certains objectifs, basés seulement sur la distance, peuvent être inefficaces », a estimé Jakop Dalunde (Verts/ALE, suédois).
Enfin, pour certains élus, comme Caroline Nagtegaal-van Doorn (Renew Europe, néerlandaise), il serait également important d’inclure dans le débat les acteurs du secteur automobile et les opérateurs d’autoroutes.
Voir l'étude : https://bit.ly/30pC0PC (Thomas Mangin)