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Bulletin Quotidien Europe N° 12832
ACTION EXTÉRIEURE / BiÉlorussie

L’UE étend son régime de sanctions visant le régime Loukachenko à l’instrumentalisation des êtres humains

Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Union européenne ont donné, lundi 15 novembre, leur accord pour la modification du régime de sanctions de l’UE sur la Biélorussie, afin de pouvoir répondre à l'instrumentalisation des êtres humains.

Une décision et un règlement du Conseil élargissent ainsi les critères d'inscription sur la liste, sur la base desquels des désignations spécifiques peuvent être fondées.

Désormais, il sera possible de sanctionner les personnes et entités qui organisent ou contribuent aux activités du régime Loukachenko facilitant le franchissement illégal des frontières extérieures de l'UE. 

Les migrants sont « instrumentalisés, floués, convertis à des fins politiques, ce qui est illégal et inhumain », a dénoncé le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, convaincu que cette crise migratoire créée artificiellement ne devait pas détourner l'attention de la crise politique en Biélorussie.

M. Borrell a aussi annoncé un accord politique des États membres sur un nouveau paquet de sanctions qui sera « finalisé dans les prochains jours ». Ces sanctions pourraient porter sur une trentaine de personnes et entités liées à l’instrumentalisation des êtres humains, mais aussi aux violations des droits de l’homme dans le pays.

« Si la situation venait à ne pas s’améliorer, il y a la possibilité de travailler sur d’autres sanctions avec un sixième paquet », a d’ores et déjà prévenu un diplomate. Il a ajouté qu’il n’y aurait pas de sanctions sectorielles pour l’instant.

À leur arrivée au Conseil 'Affaires étrangères', M. Borrell et plusieurs ministres, notamment l’Allemand Heiko Maas, avaient plaidé pour des mesures supplémentaires visant la Biélorussie, notamment contre des compagnies aériennes et des agences de voyages qui facilitent les déplacements des candidats à la migration.

Selon le ministre lituanien Gabrielius Landsbergis, huit compagnies aériennes effectuent des rotations sur Minsk. « Nous devons nous assurer qu'aucun avion susceptible d'acheminer des personnes ayant l'intention d'émigrer, de traverser la frontière illégalement, n'atterrisse à Minsk ou dans tout autre aéroport biélorusse », avait-il expliqué à son arrivée, appelant à ce que les aéroports biélorusses soient aussi sanctionnés. « Notre intérêt est de faire de l'aéroport de Minsk une zone d'exclusion aérienne pour les compagnies commerciales, jusqu’à ce que la crise soit terminée », avait-il précisé à un groupe de journalistes, dont EUROPE.

Interrogé par EUROPE sur la possibilité de sanctionner des compagnies aériennes de pays tiers effectuant des vols entre deux pays tiers, un diplomate a précisé que, juridiquement, la question était ouverte, mais que les analyses tendaient à penser que cela est possible. Selon cette source, le fait que l’UE a signalé son intention d'agir de façon globale a eu un effet dissuasif.

Après la Turquie, les Émirats arabes unis ont interdit à la compagnie aérienne biélorusse Belavia de transporter des citoyens afghans, syriens, yéménites et irakiens dans les vols en provenance de Dubai à destination de la Biélorussie depuis dimanche 14 novembre. 

Le Haut Représentant a ainsi estimé que « l'afflux d'êtres humains [était] en train d'être maîtrisé », tout en rappelant que les migrants coincés à la frontière entre un pays de l'UE et la Biélorussie devaient recevoir de l'aide humanitaire.

« Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas autorisés à entrer dans l'UE qu'ils doivent mourir de faim et de froid », a souligné M. Borrell. Il a indiqué avoir demandé aux autorités biélorusses si elles allaient fournir de l'aide humanitaire ou permettre l'acheminement de cette aide, et si elles allaient coopérer pour faciliter « le rapatriement » de ces personnes.

Les autorités biélorusses lui ont assuré qu'elles fourniraient une telle aide et que la mobilisation de l'armée avait déjà permis l'accès des agences de l'ONU (EUROPE 12831/3). Le Haut Représentant est aussi en contact étroit avec le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, dans ce dossier.

M. Landsbergis a plaidé pour que les personnes coincées en Biélorussie et souhaitant être rapatriées depuis Grodno dans leur pays d'origine ou d'accueil soient autorisées à le faire, ajoutant que la Lituanie était prête à fournir une aide technique en ce sens. De son côté, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a annoncé que son pays travaillait à faire « rentrer les migrants » chez eux.

Selon le gouvernement irakien, un premier vol de rapatriement de migrants irakiens depuis la Biélorussie aura lieu, jeudi 18 novembre, « sur la base du volontariat ». (Camille-Cerise Gessant avec Aminata Niang)

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