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Bulletin Quotidien Europe N° 12828
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

La COP26 entre dans sa phase de négociations

Après une première semaine rythmée par de multiples annonces et déclarations, la deuxième semaine de la 26e session de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26) s’ouvre, à Glasgow, lundi 8 novembre, avec la lourde tâche pour les négociateurs des pays d'élaborer des compromis sur la finalisation de l’accord de Paris et le financement climatique.

« Cette semaine va être totalement différente de la semaine dernière (...) Cette semaine, ce sera la semaine des négociations, pour s’assurer que ces promesses ne soient pas seulement des promesses, mais qu’elles soient réellement mises en pratique », a ainsi souligné l’eurodéputé néerlandais Bas Eickhout (Verts/ALE), lors d’une conférence de presse.

Présent à Glasgow pour mener les négociations au nom de l’UE, le vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Pacte vert européen, Frans Timmermans, a pour sa part énuméré les ambitions de l’UE pour la semaine.

Le vice-président espère tout d’abord convaincre d’autres grands pays émetteurs « de ne pas se contenter de déclarer une date pour la neutralité carbone ou la neutralité climatique, mais de proposer également les politiques que nous devons entreprendre dès maintenant », prenant le Pacte vert de l’UE pour exemple.

Finaliser l’Accord de Paris

M. Timmermans souhaite en outre clôturer la question des règles (‘rulebook’) de l’Accord de Paris sur lesquelles les pays n’étaient pas parvenus à s’accorder lors de la COP25 à Madrid, en 2019.

Il s’agit notamment de conclure un accord de compromis sur les règles relatives aux marchés mondiaux du carbone (article 6 de l’Accord de Paris) et sur des obligations en matière de transparence et de communication d’informations afin de suivre les progrès accomplis dans le cadre des contributions déterminées au niveau national (CDN) de chaque partie à l’Accord de Paris.

« Nous devons nous assurer que nous comparons des pommes avec des pommes et non des pommes avec des oranges. Nous avons donc besoin de clarté sur la transparence, nous avons besoin de clarté sur la responsabilité », a déclaré à ce propos M. Timmermans.

Il a également appelé à trouver une solution sur la fixation d’un calendrier commun pour les CDN. 

Le vice-président espère en outre faire avancer la question de l’adaptation au changement climatique et celle du financement climatique, c’est-à-dire le soutien financier fourni aux pays les moins développés et les plus vulnérables pour les aider à faire face au changement climatique.

Alors que les pays développés s’étaient engagés à porter ce financement à 100 milliards de dollars par an avant 2020 et jusqu’en 2025, un récent rapport publié par la Présidence britannique de la COP26 – et basé sur l’analyse de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – a montré que cet objectif ne serait atteint (et dépassé) qu’en 2023. L’UE espère faire avancer cette date à 2022 (EUROPE 12822/9).

Loss and damage’

Une autre question qui anime les discussions à la COP26 concerne la réparation des pertes et des dommages (‘loss and damage’) causés par le dérèglement climatique.

« Jusqu’à présent, lorsque nous parlions de financement, nous parlions du financement de l’atténuation, du financement de l’adaptation, mais jamais des pertes et des dommages », a souligné à ce propos M. Eickhout.

Cela pourrait néanmoins changer après l’annonce récente de la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, qui a assuré que l’Écosse est prête à mobiliser un million de livres sterling pour aider les pays en développement à faire face aux pertes et aux dommages liés au changement climatique.

Selon Bas Eickhout, cette annonce est surtout « symbolique », étant donné le peu de fonds promis, car elle permet de briser le « tabou » sur le lien entre le financement climatique et la question des pertes et des dommages.

Néanmoins, le député Verts/ALE ne s’attend pas à ce que la COP26 débouche sur des avancées majeures sur ce plan. « Je pense que c’est un point sur lequel nous devons nous pencher dans les années à venir », a-t-il ensuite ajouté, épinglant en particulier l’opposition des États-Unis à accepter une quelconque forme de responsabilité dans ce cadre.

Plus optimiste, M. Timmermans croit que des progrès en la matière sont possibles au cours de cette semaine. (Damien Genicot)

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