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Bulletin Quotidien Europe N° 12828
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ACTION EXTÉRIEURE / Nicaragua

L'UE n'exclut pas d'adopter d'autres sanctions ciblant le régime Ortega

L'Union européenne a estimé, lundi 8 novembre, que l'élection présidentielle nicaraguayenne tenue la veille n'avait pas respecté les normes démocratiques et que « son résultat manque de légitimité ».

Daniel Ortega, qui briguait un quatrième mandat d'affilée, « a éliminé toute concurrence électorale crédible, privant les Nicaraguayens de leur droit d'élire librement leurs représentants », a déclaré le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, dans une déclaration au nom de l'UE. Et de lister les atteintes aux droits de l'homme perpétrées par le régime : incarcérations systématiques, harcèlement et intimidation des leaders de l'opposition, d'étudiants et de journalistes, mise hors la loi d'organisations de la société civile.

Selon le Haut Représentant, les élections du 7 novembre ont définitivement converti le Nicaragua en « un pays autocratique ».

L'UE a prolongé, jusqu'à mi-octobre 2022, ses sanctions - gel des avoirs et interdiction du territoire - visant quatorze dignitaires du régime, dont la femme et le fils du président nicaraguayen (EUROPE 12809/26). Elle envisage désormais d'aller plus loin en prenant en compte « l'ensemble des instruments » à sa disposition, y compris « ceux allant au-delà des mesures restrictives individuelles ».

En octobre, les ministres européens des Affaires étrangères avaient critiqué la dérive autocratique à l'œuvre au Nicaragua. Ils se réuniront à nouveau lundi 15 novembre et la question nicaraguayenne devrait être mentionnée. Selon le porte-parole du Service européen d'action extérieure (SEAE), Peter Stano, les diplomates des États membres ont été chargés de plancher sur de nouvelles mesures qui pourraient notamment prendre différentes formes, telles qu'une suspension des accords commerciaux.

Au Parlement européen, les présidents de la commission des Affaires étrangères, David McAllister, et de la délégation du PE pour l'Amérique centrale, Tilly Metz, ont dénoncé « un simulacre d'élections ». « Il est tragique de constater qu'un homme qui a autrefois combattu une tyrannie cruelle dans son pays répète aujourd'hui l'histoire en instaurant le même type de dictature », ont-ils déclaré.

Selon des résultats officiels partiels, le président Ortega a été réélu pour cinq ans avec 75% des voix. Arrive en deuxième place, avec 14,4% des voix, Walter Espinoza (libéral), accusé par l'opposition d'être un allié de M. Ortega.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a condamné le refus américain de reconnaître les élections nicaraguayennes qui, selon lui, se sont déroulées de manière ordonnée et dans le plein respect de la législation nationale. (Mathieu Bion)

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