La ministre française de la Mer, Annick Girardin, a déclaré, vendredi 15 octobre à Bruxelles, qu'elle voulait une solution d'ici au 1er novembre sur les licences de pêche octroyées aux navires français par le Royaume-Uni et l'île anglo-normande de Jersey et a souhaité ne rien exclure, y compris des mesures de rétorsion.
L'échéance reste « obligatoirement le 1er novembre, puisque fin octobre, c'est la dernière limite pour que Jersey donne ses réponses aux demandes de licences » des pêcheurs français, qui ont jusqu'à cette date pour lui fournir les documents requis, a-t-elle expliqué à un groupe de journalistes, après un entretien avec le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, et le commissaire responsable de la Pêche, Virginijus Sinkevičius.
La rencontre s’est tenue en présence d’une délégation de pêcheurs français (Bretagne, Normandie et Hauts-de-France). « On attend une Europe forte qui défend ses pêcheurs », a commenté Mme Girardin.
« Rien n’est exclu, y compris des mesures de rétorsion », a mis en garde Mme Girardin. « La Commission doit lister les mesures de rétorsion prévues dans l'accord de commerce et de coopération. Il est évident que si la Commission n'agissait pas, si le Royaume-Uni et Jersey n'étaient pas au rendez-vous de la transparence et de la confiance, il faudra pouvoir agir de notre propre chef », a-t-elle averti.
« On est à deux semaines de cette décision (de Jersey). Rien n'est aujourd'hui écarté, ni par la France ni par la Commission européenne », qui négocie au nom de l’UE avec le Royaume-Uni, a souligné la ministre. La réunion du 'Conseil de partenariat', demandée par la France à la Commission européenne, n’est pas exclue non plus.
Mercredi 13 octobre, la France avait fait savoir qu'elle prendrait des mesures de « réplique », voire de « rétorsion d'ici à peu près huit jours », si Jersey n'accordait pas davantage de licences aux pêcheurs français. Paris menace notamment de réduire ses livraisons d'électricité à l'île et de cibler son secteur clé des services financiers.
La ministre française a rappelé que, le 11 octobre, la France avait obtenu le soutien de dix États membres de l'UE (pêcheurs) dans son combat pour obtenir un nombre plus élevé de licences de pêche dans les eaux britanniques (EUROPE 12809/2).
Dans les zones de pêche encore disputées (zone des 6-12 milles des côtes britanniques et îles anglo-normandes), Londres et Jersey ont accordé au total quelque 200 licences définitives, alors que Paris en réclame encore environ 200, dont une centaine à Jersey et près d'une soixantaine pour l'île voisine de Guernesey.
Le gouvernement local de Jersey a annoncé vendredi avoir accordé deux licences supplémentaires à des pêcheurs français, tout en appelant au calme et jugeant les menaces de Paris « disproportionnées ».
Lien vers le communiqué de presse du ministère publié lundi 18 octobre : https://bit.ly/3aNI7iP (Lionel Changeur)