Les ministres des Affaires étrangères letton et lituanien, Edgars Rinkēvičs et Gabrielius Landsbergis, ont plaidé, lundi 18 octobre, pour des sanctions supplémentaires à l’encontre du régime biélorusse, qui continue d’envoyer des migrants aux frontières européennes.
« Il faut appliquer des sanctions plus strictes », a estimé M. Rinkēvičs à son arrivée au Conseil 'Affaires étrangères' à Luxembourg, appelant à accentuer la pression sur le régime. « Il s'agit de sanctionner les compagnies touristiques qui organisent des vols. Je pense également que nous devons sanctionner pleinement (la compagnie aérienne biélorusse) Belavia afin qu'elle ne puisse recevoir aucun soutien », a-t-il détaillé.
Belavia est déjà interdite de vols dans l’UE, mais elle continue de louer des appareils à des États membres, en particulier à l'Irlande.
M. Rinkēvičs a appelé à une approche coordonnée avec les État-Unis, le Canada et le Royaume-Uni.
Soulignant que cette question migratoire était l'« un des problèmes les plus urgents » de l’UE - le comparant à la crise de 2015 - et qu’il fallait des réponses « maintenant », M. Landsbergis a également mis l’accent sur la fin des vols.
Si l’UE a fait cesser les vols depuis l’Irak, la Jordanie ou le Liban, selon le ministre, il y a de nouvelles destinations desservies. Pour M. Landsbergis, il est nécessaire de sanctionner davantage Belavia et de prévenir les compagnies aériennes qui emmènent des migrants en Biélorussie « qu’elles sont sous les radars de l’UE et que ce qu’elles font n’est pas bien ».
L'Irlandais Simon Coveney s’est dit ouvert à de nouvelles sanctions ciblant les « personnes clairement responsables de l’exploitation de personnes vulnérables ». Il a cependant estimé qu’il fallait distinguer les nouvelles locations d’appareils et les contrats en cours. « L’Irlande veut une augmentation des sanctions, réalisable et applicable », a-t-il expliqué, s’interrogeant sur les possibilités juridiques de rompre un contrat existant.
Le Haut Représentant de l’UE a apporté son soutien à de nouvelles sanctions. « Instrumentaliser des migrants pour des objectifs politiques n’est pas acceptable et nous allons examiner des réponses appropriées », a-t-il prévenu, ajoutant qu’en attendant, l’UE travaillait avec les pays de départ. (Camille-Cerise Gessant)