Les députés européens ont appelé le nouveau gouvernement libanais, jeudi 16 septembre, à mettre en œuvre les mesures nécessaires et l’UE à aider le pays.
Le Liban, qui fait face à une grave crise économique et sociale, a enfin un gouvernement, après plus de 13 mois de tractations (EUROPE 12789/10).
Dans la résolution commune des groupes Verts/ALE, S&D, CRE, PPE et Renew Europe qu’ils ont adoptée (575 voix pour, 71 contre et 39 abstentions), les députés exhortent les dirigeants libanais à tenir leurs promesses. Le nouveau gouvernement doit mettre rapidement en œuvre les réformes essentielles en matière de gouvernance et d'économie qui garantiront la reprise politique et économique, prévient le PE, qui demande aux autorités de reprendre les discussions avec le FMI dès que possible. Selon les députés, le pays doit également prendre toutes les mesures nécessaires pour démanteler les pratiques de corruption, y compris les transferts de capitaux publics et l'évasion fiscale.
Le PE plaide en outre pour que la Commission et les États membres de l'UE s'engagent de « manière constructive » avec le nouveau gouvernement dans la mise en œuvre des réformes structurelles et sectorielles requises pour débloquer une aide macrofinancière de l'UE et dans le renforcement des relations commerciales.
La Commission devrait également, selon le PE, réformer les fonds à long terme et la stratégie et le plan de redressement pour le Liban dans le cadre des priorités du partenariat UE-Liban, et envisager le financement de partenaires potentiels supplémentaires au sein de la société civile.
Rappelant que les élections de mai 2022 ne devaient en aucun cas être reportées, le PE prévient que celles-ci devront respecter les normes démocratiques internationales de liberté, d'équité et de transparence. La Commission et les États membres doivent fournir toute l'assistance technique et financière nécessaire pour permettre aux élections de se dérouler dans les meilleures conditions possible et s'efforcer de garantir l'équité et la transparence de l'ensemble du processus, estime le PE.
Rappelant que le Conseil de l’UE a adopté, le 30 juillet, un cadre de sanctions à l'encontre du Liban (EUROPE 12773/15), le Parlement estime que l'introduction de sanctions ciblées pour obstruction ou atteinte au processus politique démocratique « reste une option qui pourrait être activée, si les acteurs responsables au Liban continuent à faire obstruction aux réformes et à la lutte contre la corruption ».
Lors du débat tenu le 14 septembre en session plénière, le Haut Représentant de l’UE avait expliqué que le cadre juridique portait essentiellement sur l’obstruction à la formation d’un gouvernement. Selon lui, dès lors qu’il y a un gouvernement, les États membres ne vont pas imposer de sanctions, car « ce n’est plus le moment ».
Enfin, pour le PE, la Commission et les États membres devraient débloquer une aide humanitaire supplémentaire, « compte tenu des conditions désastreuses sur le terrain », en particulier une aide alimentaire et du matériel hospitalier et pharmaceutique, et fournir des sources d'énergie alternatives.
Voir la résolution commune : https://bit.ly/2XmXSKB (Camille-Cerise Gessant)