Faute d'une mobilisation politique mondiale et d'investissements massifs dans des systèmes alimentaires durables, l’objectif onusien de développement durable n°2 (ODD 2) 'Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable' à l'horizon 2030 ne sera pas atteint, ont averti les eurodéputés, mercredi 15 septembre au soir, lors d'un échange avec la Commission européenne préparé par les commissions du développement (DEVE) et de l'Agriculture (AGRI).
Lutter contre la faim et la malnutrition ne relève pas du seul développement, c'est lié au 'Pacte vert européen' et à la stratégie 'de la ferme à la table' (F2F), a souligné le président de la commission DEVE, Tomas Tobé (PPE, suédois).
À une semaine du sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires (UNFSS), prévu le 23 septembre lors de l'Assemblée générale de l'ONU, les députés se sont alarmés de l'impact de la crise de la Covid-19 sur l'alimentation dans le monde et ont appelé l'UE à jouer un rôle de chef de file. Cela nécessite un engagement clair des États membres, un rôle clair pour les agences de l'ONU, ont-ils estimé.
L'an dernier, la faim a augmenté. Une personne sur dix était sous-alimentée. En Afrique, une personne sur cinq souffrait de malnutrition. 22% des enfants dans le monde souffrent de malnutrition chronique, soit 150 millions d'enfants. « Voilà pourquoi le sommet mondial sur la nutrition pour la croissance, qui se tiendra à Kyoto en fin d'année, sera important », a insisté M. Tobé.
Il a rappelé qu'en 2013, l'UE s'était distinguée sur la scène internationale en engageant 3,5 milliards € à l'horizon 2030 et qu'en novembre 2014, une résolution du Parlement européen avait appelé les États membres à mobiliser des investissements pour l'alimentation, notamment contre la malnutrition.
Le débat étant lancé, la commission du développement va commencer à travailler sur un rapport.
Il conviendra aussi de déterminer comment utiliser la politique commerciale pour assurer la transition planétaire, quelles mesures prendre pour appuyer les pays partenaires, pour aider les agriculteurs, les pêcheurs les sylviculteurs locaux, favoriser le bien-être animal et une utilisation durable des pesticides.
Le commissaire européen Nicolas Schmit a souligné, au nom de la Commission européenne, que la stratégie F2F de l'UE, sur laquelle le Parlement européen se prononcera en octobre (EUROPE 12788/15), visait précisément des systèmes alimentaires équitables, sains et respectueux de l'environnement, mais que l'UE ne pouvait être seule à agir. Selon lui, « la transition doit être mondiale ».
Il a assuré aux députés européens que l'UE était « très engagée dans la préparation des deux sommets » onusiens. En témoignent les conclusions du Conseil de l'UE en faveur de résultats ambitieux, la réunion en juin dernier des ministres européens de l'Agriculture avec des représentants de l'Union africaine et les 750 millions d'investissements par an engagés par l'UE pour favoriser les investissements verts. (Aminata Niang)