Plusieurs eurodéputés et la Confédération européenne des syndicats (CES) ont regretté, jeudi 16 septembre, le peu d'annonces dans le domaine social, à l’issue du discours sur l’état de l’Union, mercredi 15 septembre.
« C'est clairement un angle mort du discours. Ce silence, alors que le renforcement et la convergence par le haut de nos systèmes de protection sociale sont indispensables et urgents, confirme le manque d'ambition déjà patent dans le plan d'action visant la mise en œuvre du socle européen de droits sociaux. On fait du surplace ! », a commenté Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts/ALE, contacté par EUROPE.
Même son de cloche du côté de la coprésidente de La Gauche, Manon Aubry (française). « Au final il y a bien un grand absent de ce discours sur l'avenir de l'Union de Mme von der Leyen : le social et les travailleurs », a-t-elle noté.
Lors d’un débat sur les conséquences de la pandémie dans le domaine social, mercredi dans la soirée, le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, a été interpellé sur cette question, notamment par Gabriele Bischoff (S&D, allemande). « Je me suis demandé aujourd'hui : où était l'Europe sociale dans le discours sur l'état de l'Union ? » s’est-elle interrogée.
Les syndicats déçus. « Le discours de (Mme) von der Leyen était l'équivalent politique des applaudissements pour les travailleurs clés pendant le confinement : c'était agréable à entendre, mais ça s’effacera rapidement de la mémoire », a déclaré le secrétaire général de la CES, Luca Visentini. Les syndicats espéraient avoir une proposition sur le droit à la déconnexion, sur les travailleurs de plateforme numérique ou pour lutter contre les stages non rémunérés. Par ailleurs, M. Visentini a souligné la relative absence d’objectifs sociaux dans le Plan de relance européen.
SURE permanent. Mercredi soir, pressé par les eurodéputés sur les ambitions sociales de la Commission européenne, le commissaire Schmit a répété l’annonce faite plus tôt par la présidente de la Commission, à savoir la création d'une Année pour la jeunesse en 2022. Par ailleurs, il a indiqué que la Commission préparait une recommandation sur le revenu minimum (EUROPE 12568/19). Enfin, il a confirmé que « l’idée d’un SURE permanent était encore à l’étude et n’avait pas été abandonnée ».
Fonds social pour le Climat. Se confiant au micro de la radio luxembourgeoise 100,7, Nicolas Schmit a confirmé une nouvelle fois qu’il souhaitait mieux doter financièrement le Fonds social pour le climat (EUROPE 12764/14).
« Je travaille sur une recommandation qui sera discutée au sein du Conseil afin de s'assurer et de tracer des lignes claires sur la manière de concevoir une politique sociale climatique. Le message a été envoyé aujourd'hui et nous présenterons des propositions concrètes d'ici la fin de l'année », a-t-il confirmé. (Pascal Hansens)