Leurs réactions se sont fait attendre, mais la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la commissaire à l'Égalité, Helena Dalli, ont finalement exprimé publiquement leur inquiétude concernant l'adoption en Hongrie de dispositions juridiques discriminatoires à l'égard des personnes LGBTI (EUROPE 12742/21). Toutes deux ont réagi via Twitter, mercredi 16 juin dans la soirée.
Mme von der Leyen s'est dite « très préoccupée » par ces mesures visant à interdire la représentation de l'homosexualité ou de la transidentité dans les écoles, les médias et les publicités de service public pour les moins de 18 ans.
« Je crois en une Europe qui embrasse la diversité, et non en une Europe qui la cache à nos enfants. Personne ne devrait faire l'objet d'une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle », a estimé la présidente sur Twitter. « La Commission européenne a le devoir de protéger ce principe », a commenté pour sa part Helena Dalli.
La commissaire a également assuré à l'agence Reuters que l'UE serait prête à prendre des mesures similaires à celles adoptées l'été dernier contre six localités polonaises déclarées « zones sans LGBTI » (EUROPE 12538/16).
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, quant à lui, a réagi aux déclarations européennes en dénonçant une « campagne de la gauche » mettant à mal « le pluralisme d’idées ».
« Les parents s'attendent, à juste titre, à ce que, sur les plateformes utilisées par nos enfants, la pornographie, la sexualité pour elle-même, l'homosexualité et les programmes de réassignation sexuelle ne soient pas disponibles », a insisté le Premier ministre jeudi, dans un communiqué.
La présidente et la commissaire ont confirmé que la Commission examinerait la compatibilité des mesures hongroises avec le droit européen.
Il ne fait en tout cas aucun doute que ces mesures vont à l'encontre de la stratégie européenne pour les droits des LGBTI (EUROPE 12600/23), qui présente notamment les médias et l'éducation comme un « outil puissant » pour lutter contre la stigmatisation des personnes LGBTI. (Agathe Cherki)