Le Parlement européen a durement critiqué l'absence de progrès dans la démocratisation et le respect des droits humains à Cuba, dans une résolution qu'il a adoptée jeudi 10 juin (386 votes pour, 236 contre et 59 abstentions).
Les eurodéputés condamnent en effet « fermement la détention de prisonniers politiques, la persécution politique systématique et persistante ainsi que le harcèlement et les arrestations arbitraires des dissidents » sur l'île caribéenne.
Sont notamment évoquées « les attaques » dont sont victimes les artistes du mouvement San Isidro, dont le leader, Luis Manuel Otero Alcántara, avait été arrêté, puis libéré fin mai. Demeurent néanmoins en détention plusieurs membres ou partisans du mouvement, tels que Denis Solís et Luis Robles.
Nous avons évoqué la situation de ces personnes et d'autres avec les autorités cubaines, parce que « le dialogue sur les droits humains est au centre de la relation » entre l'Union européenne et Cuba, avait indiqué mardi 8 juin le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, qualifiant d'« engagement critique » ces relations bilatérales encadrées dans un accord d'association signé fin 2016 (EUROPE 11677/12).
Le PE demande aux autorités cubaines d'adopter des réformes politiques garantissant la liberté de la presse, d'association et de manifestation et qui conduisent à la tenue d'élections « libres, justes et démocratiques ».
Fin 2018, il avait déjà critiqué l'absence de résultat tangible en matière de droits de l’homme à Cuba (EUROPE 12139/12).
Voir la résolution : https://bit.ly/3pIOL0o (Mathieu Bion)