L'Espagne envisage de mettre fin à un accord qui permet le passage sans visa des villes marocaines vers les enclaves nord-africaines espagnoles de Ceuta et Melilla, a déclaré un responsable gouvernemental cité par Reuters, vendredi 11 juin. « Le gouvernement envisage (...) de supprimer le régime spécial », avait déclaré la veille Juan González-Barba, secrétaire d'État aux Relations avec l'Union européenne, lors d'une visite à Ceuta. « Les contrôles frontaliers se déplaceraient alors vers la frontière avec le Maroc » et non plus aux enclaves espagnoles. Les Marocains des villes entourant les enclaves peuvent entrer sans visa et, mi-mai, près de 10 000 personnes sont arrivées à Ceuta provoquant une crise diplomatique entre Madrid et Rabat.
Le gouvernement marocain, de son côté, a critiqué le 11 juin la résolution adoptée la veille par le PE dénonçant l’utilisation de la migration pour faire pression sur l’Espagne (EUROPE 12738/10). Elle « ne change rien à la nature politique de la crise bilatérale entre le Maroc et l’Espagne », dit-il dans un communiqué, la crise ayant été alimentée par la venue du chef du Polisario dans un hôpital espagnol. « L’instrumentalisation du PE dans cette crise est contreproductive». La résolution est « en déphasage avec le registre exemplaire du Maroc en matière de coopération migratoire avec l’Union européenne. Ce sont ceux-là même qui tentent de critiquer le Maroc dans ce domaine qui tirent en réalité profit des résultats concrets et quotidiens de la coopération sur le terrain ». (Solenn Paulic)