Réunis à Luxembourg, les ministres de l’Énergie des États membres de l’Union européenne ont exprimé, vendredi 11 juin, un soutien unanime au développement d’un marché européen de l’hydrogène, sans pour autant être en mesure de fournir des orientations communes à la Commission européenne sur la manière d’y parvenir.
S’ils ont été très nombreux à souligner la nécessité d’une action coordonnée et l’importance de la coopération entre les pays – notamment à travers le développement de ‘projets importants d’intérêt européen commun’ (PIIEC) –, le débat a surtout montré la persistance de divergences sur certains points majeurs, en particulier le rôle futur de l’hydrogène bas carbone.
Hydrogène renouvelable contre hydrogène bas carbone
Au cours de la discussion, la Suède, l’Autriche, le Luxembourg, la Lettonie, l’Irlande, le Danemark, l’Espagne et la Belgique ont clairement exprimé leur souhait de donner la priorité à l’hydrogène renouvelable (produit par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité issue de sources d’énergie renouvelable).
Les trois premiers ont même exprimé leur opposition au mélange d’hydrogène avec du gaz naturel (‘blending’).
Dans l’autre ‘camp’, la Roumanie, la République tchèque et la Slovaquie ont explicitement défendu le recours à l’hydrogène bas-carbone (produit à partir de gaz naturel avec captage et stockage du carbone ou à partir d’électricité fournie par des centrales nucléaires), tandis que la Pologne, la Grèce et la Finlande ont insisté sur le respect du principe de neutralité technologique.
Le ministre néerlandais, pour sa part, a estimé que tant l’hydrogène renouvelable que l’hydrogène bas carbone seront nécessaires, dans un premier temps, pour lancer le marché.
La Grèce, la République tchèque, la Slovaquie et la Bulgarie ont également défendu le recours au ‘blending’.
Ces divisions entre les États membres étaient déjà apparues lors de l’élaboration de conclusions du Conseil sur la stratégie hydrogène de l’UE (EUROPE 12621/14).
Système de certification
De nombreux ministres ont en outre souligné l’importance de définir clairement les différents types d’hydrogène et de mettre en place un système de certification permettant de s’assurer de l’origine de l’hydrogène.
Plusieurs États membres (la Belgique, la Suède, la Bulgarie, la Lituanie) ont en particulier plaidé pour un système de garanties d’origine.
Équilibre entre règlementation et flexibilité
Autre point soulevé par un nombre important de pays (la France, Chypre, et la République tchèque, notamment) : la nécessité de garantir une certaine flexibilité dans la mise en place d’un cadre réglementaire européen.
Pour leur part, la Hongrie et la Finlande ont appelé à éviter l’excès de règlementation.
L’Estonie, de son côté, a estimé qu’il est « trop tôt » pour commencer à fixer des objectifs spécifiques concernant l’utilisation finale de l’hydrogène. (Damien Genicot)