En compilant diverses données chiffrées, l’Institut Jacques Delors a mis en lumière, dans un rapport publié jeudi 10 juin, les conséquences délétères de la pandémie de Covid-19 pour les jeunes Européens, en particulier en matière de formation et d’emploi.
En 2020, le taux de jeunes (15-29 ans) n’étant ni étudiants, ni employés, ni stagiaires s’élevait à 13,7% en moyenne dans l’UE, selon le rapport, réalisé notamment à partir de données Eurostat.
La situation varie toutefois considérablement d’un État membre à l’autre. Ainsi, s’il se limite à 5,7% aux Pays-Bas ou à 8,5% en Allemagne, le taux de jeunes sans formation ni emploi atteint les 14% en France, 17,3% en Espagne et 23,3% en Italie.
L’analyse indique en outre que le taux de jeunes (15-24 ans) au chômage a augmenté de 15% à 16,8% entre 2019 et 2020. « Les jeunes ont des emplois plus précaires – à temps partiel, en intérim, travailleurs des plateformes – et sont donc plus susceptibles d’être licenciés en premier », précisent les chercheuses à l’origine de ce rapport, Sofia Fernandes et Klervi Kerneïs.
En matière d’éducation, elles attirent l’attention sur le fait que le décrochage scolaire a augmenté ainsi que sur les inégalités engendrées par « l’école à la maison » pendant les confinements. Elles rappellent que trois quarts des expériences de mobilité ont « été négativement affectées », plus de la moitié ayant été reportées ou annulées.
Plus largement, s’agissant des conditions de vie des jeunes dans l'UE, le rapport fait état d’une augmentation de leur recours à l’aide alimentaire et des effets néfastes de cette crise sur leur santé mentale. Pendant la première vague, 55% des jeunes Européens (18-34 ans) étaient exposés à un risque de dépression, constatent les chercheuses. (Agathe Cherki)