Entre 2008 et 2019, les industries à forte intensité énergétique en Europe ont réalisé jusqu'à 50 milliards d’euros de bénéfices exceptionnels grâce au système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’Union européenne, en raison notamment d’une « surallocation » de quotas gratuits, estime un rapport publié lundi 7 juin par l’ONG Carbon Market Watch.
Réalisée par le cabinet de conseil CE Delft, l’étude porte sur les quinze secteurs les plus intensifs en CO2 (fer et acier, ciment, pétrochimie…), plus l’aviation, dans 19 pays de l’UE.
Elle montre notamment que les secteurs industriels - à l’exclusion de l’aviation - ont reçu plus de quotas gratuits (37 millions de tonnes d’équivalent CO2) que nécessaire pour couvrir leurs émissions au cours de la période 2008-2019.
Les entreprises de ces secteurs ont donc pu vendre leurs quotas gratuits excédentaires et réaliser ainsi des bénéfices supplémentaires d’une valeur totale d’environ 1,6 milliard d’euros, estime le rapport.
Le document montre en outre que ces secteurs ont réalisé, entre 2008 et 2019, des bénéfices supplémentaires d’une valeur de 3 milliards d’euros grâce aux compensations internationales. Entre 2008 et 2020, les entreprises avaient en effet le droit d’utiliser une certaine quantité de crédits dont le prix était nettement inférieur au prix d’un quota d’émission du système ETS, le temps de se mettre en conformité.
Troisième source de bénéfices supplémentaires : la répercussion partielle des coûts d’opportunité des quotas gratuits sur les prix des produits, pour un montant de 26 à 46 milliards d’euros entre 2008 et 2019.
Voir le rapport : https://bit.ly/3uTOJnm (Damien Genicot)