Douze pesticides instables, dont on sait qu'ils peuvent se dégrader sous forme de métabolites potentiellement cancérigènes, ont reçu un avis favorable de l'EFSA en dépit des résultats positifs de tests de risque de cancer et au mépris du règlement 'Pesticides' (CE 1107/2009), selon un rapport du réseau d'ONG PAN Europe, publié lundi 7 juin.
En cause : une évaluation des risques lacunaire (EUROPE 12471/22) et influencée par des comités chargés de définir la manière dont les évaluations doivent être faites. Le rapport montre que, dans les groupes de travail, siègent de nombreux experts représentant l’ILSI, un institut financé et piloté par de grands groupes comme BASF, Monsanto ou Syngenta.
Les métabolites comprennent l'hydrazine, cancérigène de catégorie 1 que l'on trouve dans le pesticide hydrazide maléique utilisé sur les oignons, les pommes de terre, les carottes et comme herbicide général. Un autre est l'aniline, mutagène et cancérigène de catégorie 2 que l'on trouve dans l'insecticide buprofézine, utilisé sur les fleurs.
« Notre rapport montre que la sûreté de ces douze pesticides n’a pas été démontrée. Cela signifie que les denrées alimentaires et les aliments pour animaux sont contaminés par des substances présentant un risque inacceptablement élevé d'effets graves sur la santé. L'EFSA est censée être un acteur neutre, s'appuyant sur les dernières recherches scientifiques pour évaluer au mieux les risques et nous protéger des dangers », a commenté Martin Dermine de PAN Europe.
Voir le rapport : https://bit.ly/3cmOGdw (Aminata Niang)