La Commission européenne a annoncé, mardi 1er juin, qu'elle émettrait 80 milliards d'euros de titres EU-Bonds à long terme entre juin et décembre 2021 ainsi que plusieurs dizaines de milliards d'euros de titres EU-Bills à court terme à partir de septembre. Ces opérations lui permettront de débuter le financement du Plan de relance européen Next Generation EU au nom des Vingt-sept.
Cette annonce prend la forme d'une décision sur le niveau maximal annuel d'emprunt ('annual borrowing decision'). Pour 2021, cette décision sera révisée en septembre, au moment où la plateforme d'émission ('auction platform') sera opérationnelle.
« En émettant 80 milliards d'euros de titres à long terme et en ayant recours à des titres à court terme additionnels, nous parviendrons à couvrir les besoins budgétaires les plus urgents des États membres », s'est félicité le commissaire européen au Budget, Johannes Hahn, dans un communiqué.
Entre 2022 et 2026, la Commission prévoit d'émettre environ 150 milliards d'euros. De telles opérations feront de l'UE l'un des plus importants émetteurs de titres libellés en euro. D'aucuns y voient l'embryon d'un Trésor européen, alors que d'autres insistent sur le caractère exceptionnel et temporaire du Plan de relance européen.
Pour les émissions de titres, la Commission s'appuiera notamment sur un réseau ('primary dealer network') de 39 banques qui seront chargées de placer les titres émis auprès des investisseurs.
Le lancement en juin des opérations de financement du Plan de relance européen est possible grâce à la finalisation, fin mai, du processus de ratification par les Vingt-sept de la décision sur les ressources propres au budget de l'UE (EUROPE 12729/20).
Plus d'informations sur la stratégie de financement de Next Generation EU : https://bit.ly/34AMavJ
Plans de relance nationaux. Lundi, la Commission européenne a annoncé avoir reçu officiellement le plan de relance de la Roumanie, vingt-deuxième pays à avoir franchi cette étape. Ce plan, qui fait appel à une aide de 14,3 milliards d'euros sous forme de subventions et de 15 milliards d'euros sous forme de prêts, a l'ambition de stimuler les investissements dans les transitions écologique et numérique, ainsi qu'en faveur de la cohésion territoriale et sociale.
Les plans nationaux soumis officiellement avant fin avril pourraient faire l'objet d'une recommandation d'adoption avant fin juin, en vue d'une adoption formelle par le Conseil de l'UE en juillet. Les pays concernés pourraient alors recevoir les premières tranches d'aide également en juillet. (Mathieu Bion)