Matthias Petschke, directeur aux services de l’industrie et de la défense (DG Defis) de la Commission européenne, est revenu sur les réflexions de la Commission européenne en matière de gestion du trafic spatial (STM), lors d’un échange avec les eurodéputés de la commission de l'industrie (ITRE), lundi 31 mai.
Répondant à Christophe Grudler (Renew Europe, français) et Mikuláš Peksa (Verts/ALE, tchèque), le haut fonctionnaire a insisté sur le fait que l’Union européenne devait être « crédible » aux yeux de ses alliés, en mettant au point des « capacités interopérables » tout en développant un système fonctionnant « indépendamment » de pays tiers.
« L’Europe ne peut pas être dépendante de tiers pour la protection de ses infrastructures critiques ni dans la définition des standards », a insisté M. Petschke, reprenant ainsi l’argumentaire de Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur (EUROPE 12730/10).
Il a indiqué que le consortium EU SST jouait actuellement un rôle clé dans les stratégies d'évitement de collision déjà pour plus de 200 satellites européens et, « demain, ses services pourront être offerts aux opérateurs de satellites non européens ».
Parmi les actions prévues figure notamment la création d’un catalogue européen des objets spatiaux, une adaptation des marchés publics et la création de synergies avec la dimension défense, a indiqué M. Petschke, en ajoutant que le Fonds européen de défense allait financer les objets « pertinents ».
La Commission européenne devrait présenter une feuille de route sur un STM européen en 2022.
De son côté, le directeur du Centre satellitaire de l'Union européenne (SatCen), Sorin Ducaru, a indiqué aux eurodéputés qu’il voulait aller plus avant dans la coopération avec la Commission, insistant toutefois sur l’importance de coopérer avec les États-Unis. Répondant à Massimiliano Salini (PPE, italien), il a rappelé que le point de vue de la Commission était toujours pris en compte dans le processus décisionnel de SatCen.
FFPA. Le même jour, la Commission européenne a rendu compte à huis clos des négociations sur la convention-cadre de partenariat financier (FFPA), se félicitant d’un « accord équilibré » et d'une gouvernance simplifiée, notamment pour le programme européen Galileo (EUROPE 12706/5).
La signature du FFPA est prévue le 22 juin. Les eurodéputés ont réservé un accueil chaleureux à cette annonce après des mois de négociations difficiles. (Pascal Hansens)