Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a apporté, jeudi 6 mai, à l’issue du Conseil des ministres européens de la Défense, son soutien à la proposition de 14 États membres de mettre en place une ‘force de première entrée’, « une première réponse qui pourrait être déployée quand on fait face à une crise précoce » (EUROPE 12713/5).
« Je pense que c’est bien d’avoir la capacité d’intervenir immédiatement. Si nous voulons vraiment être une puissance géopolitique, nous devrions être capables d’agir aussi vite que nécessaire », a-t-il expliqué devant les médias.
« Quand vous faites face à une situation d’urgence et que vous devez commencer à discuter, à argumenter, aller d’un comité à l’autre, préparer des documents (papers) et d’autres documents, faire une génération de forces, à la fin, ce n’est pas urgent ou vous êtes en retard », a ajouté M. Borrell.
Le Haut Représentant n’a pas caché que certains États membres étaient un peu réticents à cette idée et que d’autres avaient rappelé que les groupements tactiques de l’UE n’avaient jamais été utilisés. « Sans sous-estimer les difficultés, nous allons pousser pour cette idée », a-t-il prévenu.
La mise en place d’une force de première entrée est une des idées débattues par les ministres afin de renforcer la gestion de crise de l’UE, dans le cadre de la préparation de la 'boussole stratégique'.
M. Borrell a ainsi estimé que l’UE devait avoir un personnel mieux préparé et mieux équipé pour intervenir plus vite.
Il a aussi expliqué que l’UE devait agir plus vite, notamment dans la prise de décision. Selon lui, il faut aussi créer plus d’incitations pour augmenter le nombre de moyens et le personnel mis à disposition par les États membres dans les missions de PSDC civiles et militaires.
Le Haut Représentant a aussi souligné qu’il fallait que ces missions et opérations soient plus flexibles, qu’elles s’adaptent mieux au besoin de chaque crise et qu’il fallait renforcer la coopération avec d’autres partenaires, y compris les coalitions ad hoc d’États membres sur le même terrain d’opération.
Enfin, M. Borrell a plaidé pour des exercices conjoints, « en utilisant des scénarios pas seulement pour déterminer ce dont nous avons besoin, mais aussi pour s’entraîner ensemble et améliorer les structures de planification et de conduite ». (Camille-Cerise Gessant)