Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe a annoncé hier l'adoption d'un 'Plan d'action sur la protection des personnes vulnérables dans le contexte des migrations et de l'asile en Europe (2021-2025)'. Il accorde une attention particulière au contexte de pandémie et prévoit une coopération renforcée entre États membres, comme l'explique Drahoslav Štefánek, Représentant spécial de la Secrétaire générale sur les migrations et les réfugiés.
Agence Europe - Quels sont les grands axes de ce Plan d'Action ?
Drahoslav Štefánek - Il se concentre sur les personnes vulnérables : enfants, mineurs non accompagnés, femmes enceintes, personnes âgées, etc.
Un des enjeux principaux est l'identification de ces personnes, avec une attention particulière aux procédures d'évaluation de l'âge des mineurs. Il s'agit aussi de leur fournir une assistance psychologique et médicale et de leur donner accès à l'information, à l'aide juridique et à la justice.
Une fois leur protection acquise, il est important de soutenir leur apprentissage linguistique et de favoriser leur intégration en améliorant l'accès à l'éducation et à l'emploi. Le 'Passeport européen des qualifications pour les réfugiés' élaboré par le Conseil de l'Europe prend ici tout son sens.
- L'accent est mis sur la coopération entre les autorités responsables de la migration et de l'asile dans les États membres du Conseil de l'Europe. Quelle forme prendra-t-elle ?
Elle se concrétise par la création d'un véritable réseau qui se réunira régulièrement à partir de juin prochain et dispose d'une liste - non exhaustive - de propositions pour une coopération renforcée que nous publions dans les annexes du nouveau Plan d'action. Ces propositions portent tant sur le cadre législatif et réglementaire que sur l'élaboration et la diffusion de manuels et de guides concernant la protection de groupes à risques.
- Qu'en est-il de la coopération avec l'Union européenne ?
Elle est importante, nous travaillons en synchronisation avec l'UE. J'ai des consultations régulières avec l'Agence européenne des droits fondamentaux basée à Vienne ainsi qu'avec la Direction générale Migrations et Affaires intérieures (DG Home) à la Commission européenne. Je suis les négociations sur le 'Paquet sur l'asile et la migration' proposé par la Commission européenne et j'ai participé en février 2020 au Forum consultatif de Frontex sur les droits fondamentaux.
- Quel sera votre rôle de Haut représentant de la Secrétaire générale du Conseil de l'Europe dans la mise en œuvre de ce Plan d'action 2021-2025 ?
Il porte essentiellement sur la coordination. Celle-ci doit être activée à l'intérieur du Conseil de l'Europe où plusieurs entités travaillent séparément sur des questions touchant aux droits des migrants et des demandeurs d'asile, celles qui sont consacrées aux enfants, aux femmes, à l'éducation, à la non-discrimination, mais aussi le Comité contre la torture et les traitements inhumains ou dégradants (CPT) ou le Groupe Pompidou, qui lutte contre le trafic de drogues.
Cette coordination est aussi essentielle avec nos partenaires extérieurs : l'Union européenne, mais aussi le Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies basé à Genève (HCDH), celui pour les réfugiés (HCR), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Adoptés par le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, les Plans d'action font l'objet de rapports intermédiaires que je présente aux représentants permanents des ministres des Affaires étrangères de 47 États membres.
Lien vers le Plan d'action 2021-2025 : https://bit.ly/3uCLhhP (Véronique Leblanc)