Le Président du Conseil européen, Charles Michel, a fait savoir, jeudi 6 mai, que les chefs d'État et de gouvernement aborderaient la levée des brevets sur les vaccins contre la Covid-19 lors du sommet social à Porto, les 7 et 8 mai.
« L'UE soutient la 'troisième voie' portée par la directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, pour fournir des vaccins au monde entier », a-t-il affirmé via Twitter. Il faisait référence à la position de la directrice générale de l'OMC, selon laquelle il existe un compromis entre la levée des brevets et la protection de la propriété intellectuelle (EUROPE 12706/21).
Alors que l'UE était, jusqu'il y a peu, fermement opposée à l'idée d'une levée des droits de propriété intellectuelle, telle que proposée par l'Afrique du Sud et l'Inde en octobre (EUROPE 12704/5), elle se dit aujourd'hui ouverte à la discussion. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l'UE était « prête à discuter de toute proposition qui s'attaquerait à la crise de façon efficace et pragmatique » lors de son discours à la conférence organisée par l'Institut universitaire européen à Florence, ce jeudi.
Quelques heures plus tôt, la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, annonçait, dans un communiqué, que les États-Unis soutenaient la proposition de lever les droits de propriété intellectuelle sur les vaccins anti-Covid-19.
Une position qui a amené l'UE à changer quelque peu son fusil d'épaule. « Nous sommes prêts à discuter de la façon dont la proposition américaine peut permettre d'atteindre cet objectif », a affirmé la présidente de la Commission.
Le même jour encore, c'était au tour du président français, Emmanuel Macron, d'exprimer son « soutien complet » à la levée des brevets. Il a toutefois indiqué aux médias que, selon lui, la priorité pour augmenter la production résidait avant tout dans le transfert de technologie.
La chancelière allemande, Angela Merkel, quant à elle, serait opposée à la proposition américaine. Selon un porte-parole du gouvernement cité par Bloomberg, Mme Merkel craindrait qu'une telle décision entraîne de « graves complications » pour la production de vaccins.
Situation sanitaire. La situation sanitaire devrait être abordée par les dirigeants à l'occasion de leur dîner de travail, qui se tiendra vendredi.
Il était déjà prévu qu'un point soit fait dans le cadre de ce temps d'échange informel sur la situation sanitaire, marquée notamment par l'accélération de la campagne de vaccination.
Jeudi, Mme von der Leyen, a indiqué que 200 millions de doses de vaccins contre la Covid-19 avaient déjà été administrées à ce stade. La commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, a précisé dans l'après-midi que 30% des Européens avaient été vaccinés, dont 20% avec deux doses.
« Nous vaccinons trente Européens toutes les secondes », s'est félicitée Mme von der Leyen, toujours « convaincue » que 70% des adultes auront été vaccinés d'ici juillet (EUROPE 12705/1). (Léa Marchal et Agathe Cherki)