Les 15 experts sélectionnés par la Commission européenne pour travailler sur les dépenses réalisées par les Vingt-sept au profit de l’éducation et de la formation ont tenu leur première réunion mardi 4 mai.
L’institution leur a confié la responsabilité de mener une analyse sur les trois « domaines représentant la majeure partie des dépenses en matière d’éducation », à savoir : les enseignants et les formateurs, la gestion de « l’infrastructure éducative et des ressources physiques et humaines connexes », et l’éducation numérique.
« Nous ne pouvons pas accepter que 40% des Européens n’aient pas les compétences numériques de base », a insisté sur ce dernier point la commissaire européenne chargée de l’Éducation, Mariya Gabriel, auprès de quelques journalistes avant la réunion.
À partir de l’analyse des données disponibles dans ces trois domaines, les experts seront chargés d’identifier quelles politiques pourraient être mises en œuvre pour de meilleurs résultats en matière d’éducation et moins d'inégalités entre les États.
Mais aussi pour « améliorer l’efficacité des dépenses », indique la Commission. Elle attend de ce groupe de travail qu’il donne aux États membres les clés pour un meilleur usage des fonds destinés au secteur, notamment de ceux disponibles au titre de programmes européens tels qu’Erasmus+, les Fonds structurels et d'investissement ou la Facilité pour la relance et la résilience.
L’objectif des experts sera également « d'identifier les politiques les plus efficaces pouvant être mises en œuvre à court terme pour aider les enfants qui ont le plus souffert de la pandémie de Covid-19 à combler des lacunes qui, autrement, pourraient avoir des conséquences à long terme », a indiqué aux journalistes Gabrielle Fack, professeur à l'université Paris-Dauphine, qui présidera le groupe.
Document d'orientation. Celui-ci présentera un rapport intermédiaire fin 2021, puis un rapport final, fin 2022, qui prendra la forme d’un document d’orientation « fournissant des éléments probants sur l'impact, le coût et les défis des mesures politiques clés en matière d'éducation et de formation », a précisé la commissaire.
Les experts, s'est félicitée Mme Fack, « ont des antécédents complémentaires et ont fait l'expérience de différents systèmes éducatifs ».
Les 15 membres du groupe - universitaires et experts issus des secteurs privé et public - ont été choisis par la direction générale de l'Éducation, de la Jeunesse, du Sport et de la Culture de la Commission européenne. Cette dernière avait requis des candidats qu'ils disposent d'une formation pertinente dans les domaines de l'économie, des sciences sociales, de l'architecture ou de l'ingénierie, avec un accent particulier sur l'éducation, et d'une expérience professionnelle d'au moins cinq ans dans le milieu universitaire ou dans des centres de recherche.
La mise en place de ce groupe avait été annoncée par la Commission dans sa communication pour la création d'un espace européen de l'éducation à l'horizon 2025 (EUROPE 12571/8). (Agathe Cherki)