La Commission européenne s'est félicitée que l'Allemagne et la Grèce lui aient officiellement transmis, mercredi 28 avril, leur plan national de relance.
Le plan grec se concentre sur les domaines stratégiques pour l'avenir du pays, tels que les transitions écologique et numérique, les emplois et les compétences, les investissements privés et les réformes, s'est félicitée sa présidente, Ursula von der Leyen, dans un communiqué. Après approbation du plan, Athènes devrait recevoir jusqu'à 30,5 milliards d'euros d'aide financière de l'UE.
Notre plan de relance 'Greece 2.0' comprend 106 projets d'investissement et 67 réformes, a indiqué le secrétaire d'État aux Finances, Théodoros Skilakákis, a rapporté la presse grecque.
Mercredi, la Commission était également censée recevoir les plans de relance allemand, espagnol, français et italien (EUROPE 12707/17). Seul le plan allemand lui était toutefois parvenu à l'heure où nous mettions sous presse.
Désireux de démontrer l'existence d'une unité d'action, les ministres des Finances des quatre principales économies de la zone euro ont communiqué conjointement sur leur plan national.
La transmission du plan italien aura lieu d'ici à la fin de la semaine, a précisé Daniele Franco, le ministre italien, avant d'en décrire les éléments majeurs (EUROPE 12706/13). Notre objectif est d'accroître la part des énergies renouvelables à « 72% » du mix énergétique d'ici 2030 et de généraliser l'Internet à haut débit d'ici à 2026, a-t-il indiqué.
Après l'Italie, l'Espagne sera le deuxième plus grand bénéficiaire de l'aide financière au titre de Next Generation EU.
La ministre espagnole, Nadia Calviño, a indiqué que le plan espagnol mobilisera 140 milliards d'euros d'investissements publics d'ici à 2026 et stimulera le déploiement de réformes visant à garantir que l'Espagne soit « l'un des moteurs de la reprise économique européenne ». Près de 40% de l'enveloppe ira à la transition écologique, 30% à la transition numérique, 10% à la politique sociale et 7% à la recherche et au développement, a-t-elle précisé.
D'après la législation européenne, les Vingt-sept doivent transmettre leur plan national au plus tard fin avril. La Commission a ensuite deux mois maximum pour les évaluer et recommander leur adoption au Conseil de l'UE, qui disposera ensuite d'un délai d'un mois.
Certains pays transmettront leur plan dans plusieurs semaines
Lors d'une conférence en ligne du centre de réflexion European policy center, la directrice du groupe de travail de la Commission chargé d'analyser les plans nationaux de réforme, Céline Gauer, a indiqué que la plupart des États membres allaient prochainement présenter leur plan national. Certains pays ne le feront que dans « quelques semaines, voire plus, en raison de la situation politique interne », a-t-elle aussi reconnu.
Interrogée sur le calendrier d'évaluation des plans nationaux, Mme Gauer a considéré que le délai de deux mois, que certains pays estiment trop long, était déjà un pari « fou » à tenir, rappelant que la Commission souhaitait initialement un délai de quatre mois.
Sur la composition des (projets de) plans nationaux, la fonctionnaire européenne a loué leur « forte dimension sociale », évaluant à « 30% » en moyenne le niveau des dépenses à caractère social, comme les investissements dans les infrastructures de santé et les aides à la petite enfance. Nous sommes en train de développer une méthodologie pour assurer le suivi des dépenses sociales, a-t-elle indiqué. (Mathieu Bion)