La révision de la directive ‘carte bleue’ sur les permis de séjour et de travail dans l’UE des migrants hautement qualifiés est-elle sur le point d’aboutir entre le PE et le Conseil ? La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a exprimé son optimisme, mardi 27 avril, sur ce dossier mis sur la table en 2016 et suspendu pendant plusieurs années. Elle s'est dite confiante qu'un accord pourrait être trouvé entre les législateurs.
Au PE, et notamment dans l’entourage du rapporteur, Javier Moreno Sánchez (S&D, espagnol), on partage aussi un certain optimisme et l’on note des discussions constructives avec le Conseil de l’UE. En début de semaine, la Présidence portugaise du Conseil a remis au PE un 'paquet de compromis' sur les points encore ouverts, comme la fourchette de salaire minimum ou la durée autorisée pour rechercher un emploi ou encore sur la facilitation des procédures pour exercer la mobilité de travail dans d’autres États membres (EUROPE 12659/11). Les positions se seraient rapprochées sur certains aspects comme la fourchette de salaires, mais d’autres questions nécessitent encore du travail, fait-on valoir.
Les deux parties espèrent en tout cas qu’une réunion de négociation interinstitutionnelle (trilogue) à la mi-mai, peut-être le 17 mai, pourra acter un accord de principe. Le Conseil de l’UE est également confiant et pense avoir mis sur la table un compromis « équilibré », dit une source.
Cette directive, adoptée pour la première fois en 2009, est l’un des rares outils de migration légale de travail au niveau européen, mais n'a jamais vraiment été efficace, concurrencée par les systèmes nationaux et butant aussi sur des seuils de salaires minimums trop élevés.
En principe, la Commission doit aussi développer ces aspects de migration légale de travail dans ses 'partenariats de talents', annoncés dans le 'Pacte asile et migration' et qui pourraient être présentés en mai. (Solenn Paulic)