La Plateforme du Conseil de l'Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes a répertorié 201 atteintes graves à la liberté des médias en 2020, dans un rapport publié mercredi 28 avril.
Ce chiffre marque une augmentation de 40% par rapport à 2019 et constitue le chiffre le plus élevé enregistré depuis la création de la plateforme en 2014. Un nombre record d'alertes concernait des agressions physiques (52 cas) et des harcèlements ou intimidations (70 cas).
Le rapport analyse les menaces pesant sur la liberté de la presse : impunité des meurtres de journalistes (24 cas toujours en suspens), harcèlement judiciaire, pressions de l'État sur les médias indépendants (frein aux subventions et à l'accès à l'information officielle), pressions politiques sur les médias publics, concentration des médias dans les mains de l'État ou du secteur privé, etc.
Par ailleurs, les mesures d'urgence décidées pendant la pandémie de Covid-19 ont été désastreuses pour la liberté de la presse, souligne le rapport, en pointant une série de restrictions spécifiques, les défis économiques rencontrés par les médias de qualité et le licenciement de nombreux journalistes.
Dans une déclaration, Marija Pejčinović Burić, Secrétaire générale du Conseil de l'Europe, a appelé mercredi les gouvernements européens à « faire preuve d'une volonté politique plus forte pour protéger les journalistes et le journalisme indépendant afin de mettre un terme à la détérioration de la liberté des médias sur le continent ».
Les 10 et 11 juin, une conférence ministérielle co-organisée par le Conseil de l'Europe et le gouvernement chypriote définira les futures priorités de l'Organisation en matière de société de l'information et de liberté des médias. Elle traitera des effets de la numérisation massive sur la liberté d'expression et des menaces pesant sur la sécurité des journalistes.
Voir le Rapport : https://bit.ly/3tZWpF6 (Véronique Leblanc)