Lundi à 17 h, au moment même où les débats s'ouvraient dans l'hémicycle bruxellois, plus d'une cinquantaine d'élus alsaciens se sont rassemblés devant le Parlement européen de Strasbourg afin de défendre 'leur' siège privé de plénière pour le 13e fois consécutive.
Initiée par Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d'Alsace, cette manifestation a fédéré tout l'échiquier politique, des écologistes aux Républicains en passant par le PS et la majorité présidentielle française. S'y sont retrouvés le président de la Région Grand Est, la présidente de l'Eurométropole, la maire de Strasbourg, mais aussi d'autres maires, des parlementaires, des conseillers départementaux.
Les députées européennes Fabienne Keller (Renew Europe) et Anne Sander (PPE) étaient également présentes, de même que la socialiste Catherine Trautmann, qui fut maire de la ville et députée européenne.
Résumé par Frédéric Bierry, le message était clair : à ce stade de la pandémie, « la Covid est un alibi et les motifs sanitaires sont d'autant moins acceptables que la situation est meilleure à Strasbourg qu'à Bruxelles », avec pour preuve la tenue de deux sessions parlementaires consécutives dans l'hémicycle du Conseil de l'Europe.
Le lancement de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, prévu le 9 mai à Strasbourg, représente un signal positif à leurs yeux. Dans ce cadre, ils ont l'intention de proposer à la présidente et aux présidents de la Commission européenne, du Parlement européen et du Conseil de l'UE une visite du bâtiment Osmose (15 000 m2), qui sera livré en septembre, à proximité immédiate du Louise Weiss.
« Des courriers ont été envoyés au Parlement européen pour proposer ces locaux », annonce Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, « le dossier doit être traité par les groupes politiques, qui ont prévu de se réunir sur ces questions immobilières cette semaine. Ils auront six mois après la livraison pour se positionner. » Un second bâtiment de 25 000 m2 est prévu en 2022.
« Au-delà du retour des plénières dès ce mois de mai, nous voulons accueillir des fonctionnaires et des acteurs de l'Europe de manière pérenne à Strasbourg », précise Frédéric Bierry. « À l'heure actuelle, Bruxelles compte 5 000 fonctionnaires, Luxembourg 2 000 et Strasbourg 300. Ce déséquilibre nous a été préjudiciable au début de la crise et nous voulons à l'avenir être en mesure d'assurer les plénières en toutes circonstances.»
Jean Rottner, président de la Région Grand Est, quant à lui, est revenu sur le Contrat Triennal « Strasbourg capitale européenne » liant l'État et les collectivités locales (189 millions pour 2021-2023). Il ciblera notamment l'accessibilité aérienne et ferroviaire de la ville.
À Strasbourg, on espère qu'il sera signé le 9 mai en présence du président de la République française. (Véronique Leblanc)