Une cinquantaine d’eurodéputés issus du S&D, des Verts/ALE, de La Gauche et de Renew Europe, rejoints par une élue du PPE, ont écrit à la Commission européenne, lundi 26 avril, pour lui demander d’enquêter sur les raisons du naufrage de 130 personnes au large de la Libye le 22 avril.
Exprimant leur « consternation » et soulignant qu’à ce jour, au moins 453 personnes auraient déjà perdu la vie depuis janvier 2021 en Mer Méditerranée, ces élus rappellent qu’ils plaident pour la constitution d’une « mission européenne » et d’un « fonds européen pour la recherche et le sauvetage en mer ». Et ils avertissent que la situation va aller en se dégradant avec des conditions météorologiques plus clémentes. « Nous ne pouvons pas ignorer ce qui se passe en mer ou rejeter la responsabilité sur les garde-côtes libyens. Sauver la vie en mer est une obligation en vertu du droit international et l'UE et ses États membres doivent respecter cette obligation et ses principes », écrivent-ils à Margarítis Schinás et Ylva Johansson.
« Nous pensons que cet incident doit faire l'objet d'une enquête approfondie afin de clarifier les responsabilités dans l'échec de la coordination qui a conduit à la perte tragique de 130 vies, y compris l'heure et la date de l'intervention de Frontex ».
Les élus rappellent qu'en parallèle des actions des garde-côtes libyens, la « seule action entreprise a été le lancement d'un avion de surveillance par Frontex, identifiant le bateau et informant toutes les autorités de la situation de détresse », mais ne pouvant pas intervenir davantage.
La commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a jugé, mardi 27 avril, lors d'une autre conférence de presse, que ce naufrage constitue « une tragédie européenne ». « On doit tout faire pour sauver des vies et c'est pour cela que nous avons besoin du Pacte (Asile et Migration) et de plus de coopération avec les pays tiers ».
Lien vers la lettre : https://bit.ly/3gIluAk (Solenn Paulic)