Le vice-ministre ukrainien des Finances, Oleksandr Kava, a expliqué à des journalistes, dont EUROPE, mardi 27 avril, que son pays discutait actuellement avec le FMI et l’UE pour avoir un soutien financier supplémentaire.
Mi-février, le FMI avait annoncé attendre davantage de réformes avant d'octroyer une nouvelle tranche d’aide. En juin 2020, le Fonds avait approuvé un programme de 4,4 milliards d’euros, avec un déblocage immédiat de 1,7 milliard et quatre autres tranches pour 2020 et 2021, mais aucune n’a encore été versée.
« Nous sommes dans un processus de négociations sur la poursuite de la coopération en matière de financement », a expliqué M. Kava, qualifiant le dialogue de productif.
Selon lui, les principales demandes du Fonds ont été remplies, telles que l’ouverture du marché du gaz naturel ou une infrastructure de lutte contre la corruption, tout en reconnaissant qu’il restait des questions ouvertes : les réformes du marché du travail et du secteur fiscal. Le ministre a estimé qu'il pourrait être possible d’avoir une tranche d’aide en mai.
Mais, pour M. Kava, l’Ukraine n’est pas dans une situation telle qu'il soit nécessaire de devoir obtenir un soutien aussi vite que possible. « Nous voulons les meilleures conditions possible », a-t-il ajouté. Malgré la Covid-19, une lutte plus efficace contre la corruption « nous a permis non seulement de garder le budget au même niveau, mais même d’améliorer les indicateurs ».
Interrogé sur un soutien supplémentaire de l’UE, le ministre a expliqué que des négociations étaient en cours. « Plus nous attirerons de financements à des conditions préférentielles, plus il nous sera facile à la fois de servir la dette existante et de la restructurer, et de financer les engagements de l'État envers le public », a-t-il expliqué.
En décembre, l'UE a décaissé 600 millions d'euros dans le cadre d'une assistance macrofinancière de 1,2 milliard (EUROPE 12619/11).
Le 27 avril, la directrice générale adjointe de la DG NEAR de la Commission européenne, Katariná Mathernová, s'est entretenue avec le député ukrainien Andriy Kostin des conditions pour une assistance macrofinancière, « particulièrement, la réforme du système judiciaire et de l'application des lois », appelant à poursuivre les réformes. (Camille-Cerise Gessant)